Blocage ferroviaire: «c’est ce qui arrive quand on n’écoute pas», dit Abel Bosum

MONTRÉAL — Les gouvernements doivent tirer une leçon du conflit qui a dégénéré en crise du transport ferroviaire dans tout le pays, à la suite du refus de chefs héréditaires de la Première Nation de Wet’suwet’en d’approuver le projet Coastal GasLink en Colombie-Britannique.

Le grand chef du Grand Conseil des Cris, Abel Bosum, juge que ce conflit est un exemple de ce qui arrive quand les gouvernements s’entêtent à favoriser le développement économique, sans consulter, sans obtenir l’aval des communautés touchées et sans les y faire participer.

«C’est ce qui arrive quand vous n’écoutez pas les gens ou quand vous essayez d’aller de l’avant pour développer un projet sans leur consentement», a commenté le grand chef Bosum, au cours d’une conférence de presse, lundi à Montréal, pour signer un protocole d’entente pour du développement économique, justement, avec le gouvernement du Québec.

«C’est une leçon à tirer. Espérons que les gouvernements du Canada vont comprendre qu’il y a une meilleure façon d’approcher les Premières Nations. Et ça vaut pour les deux côtés», a-t-il pris soin d’ajouter.

Le président du gouvernement de la nation crie a dit soutenir la cause des protestataires de la Première Nation de Wet’suwet’en. «Le message qu’ils veulent transmettre, c’est qu’il existe une autre façon de résoudre les conflits et, plus encore, qu’il existe une autre façon de planifier le développement ensemble. Et c’est de s’asseoir ensemble et de le planifier ensemble. Et c’est ce qu’on fait maintenant (avec le gouvernement du Québec)», a-t-il souligné.

Le premier ministre François Legault, qui était à ses côtés pour signer un protocole d’entente pour un plan d’une durée de 30 ans, n’a pas voulu blâmer directement le gouvernement Trudeau pour son laissez-faire devant cette crise. Mais il a déploré le fait qu’à cause des blocages du réseau ferroviaire, le transport de passagers et de biens partout au pays est grandement affecté, ce qui a des répercussions sur les emplois et le fonctionnement des entreprises.

«C’est inacceptable qu’on ne puisse donner du service aux passagers et pour le transport des biens pour notre économie. Des compagnies en souffrent présentement au Québec», a déploré M. Legault.

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