Blocus dans la Réserve faunique La Vérendrye : proposition attendue de la part du ministre Dufour

VAL D’OR, Qc — Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, doit soumettre ce lundi une proposition aux communautés autochtones, qui réclament un moratoire sur la chasse à l’orignal dans la réserve faunique.

Des tensions opposent les communautés Anishinabeg et les chasseurs de la Réserve faunique La Vérendrye depuis plusieurs jours.

Des discussions ont eu lieu samedi, à Kitigan Zibi, près de Maniwaki, entre les chefs Anishinabeg et le ministre Dufour.

«On s’est parlé dans le blanc des yeux, a imagé le représentant de la communauté de Lac-Simon, Lucien Wabanonik. C’était intense, mais il y a des choses qu’il fallait dire à Pierre Dufour. Le déclin du cheptel d’orignaux dans la réserve est bien réel, et ce n’est que la pointe de l’iceberg.»

Pas de moratoire

L’attaché de presse du ministre Dufour, Carl Charest, confirme qu’il y aura bel et bien une proposition sur la table. «Mais il n’y aura pas de moratoire, prévient-il. Cependant, les discussions entreront dans une nouvelle étape aujourd’hui, ça, c’est certain. On pense obtenir un résultat positif.»

M. Charest n’a pas voulu donner plus de détails sur la proposition qui sera déposée en fin d’après-midi lundi pour tenter de dénouer l’impasse.

«On va faire notre part, mais on attend aussi que les Autochtones fassent un bout de chemin», a dit M. Charest.

Du côté Anishianbeg, On est en mode attente. «On sait très bien que nous aussi, on a des efforts à faire. On sait aussi qu’on n’obtiendra pas de moratoire. On verra bien ce que le ministre Dufour a à nous proposer, de dire Lucien Wabanonik. Le ministre parle d’avancées significatives, mais je ne sais pas si ça veut dire la même chose pour lui que pour nous.»

Les Anishinabeg rappellent au ministre que l’enjeu a une importance plus grande qu’il ne le croit pour leurs communautés.

«Pour nous, les Anishinabeg, l’orignal, c’est plus qu’un animal qui se promène un peu partout dans le bois, souligne M. Wabanonik. L’orignal, c’est aussi un symbole de notre culture et de notre identité. On nous demande d’arrêter de vivre dans le passé, mais est-ce que c’est nécessaire de perdre nos traditions, de nier notre identité? Les barrages qu’on a érigés, croyez-vous que l’on fait cela pour le plaisir? C’est plus que simplement notre garde-manger.»

«Le grand enjeu, dans le dossier, c’est de trouver un équilibre qui sera acceptable pour tous, estime Carl Charest. Les chasseurs ont des droits, les Autochtones aussi.»

Depuis maintenant 14 jours, les Anishinabeg des communautés de Kitigan Zibi, Lac-Barrière et Kitcisakik ont érigé des points de contrôle sur une douzaine de chemins forestiers dans la Réserve faunique La Vérendrye, et ils bloquent l’accès aux zones et aux camps de chasse.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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