Bloomberg intervient pour que les criminels floridiens puissent voter

TALLAHAHASSE, Fla. — Quelques jours seulement après que le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, eut obtenu des tribunaux une décision interdisant aux criminels de voter tant qu’ils n’auront pas payé toutes leurs amendes, tous leurs dédommagements et tous leurs frais judiciaires, le milliardaire Mike Bloomberg intervient pour les aider à rembourser ce qu’ils doivent.

L’ancien candidat présidentiel démocrate a aidé à récolter près de 20 millions $ US pour que les criminels qui ont purgé leur peine d’emprisonnement puissent voter lors du scrutin présidentiel. M. Bloomberg a aussi promis de dépenser 100 millions $ US pour aider Joe Biden à remporter la Floride.

«Le droit de vote est fondamental à notre démocratie et on ne devrait le refuser à aucun Américain. En collaboration avec la Florida Rights Restoration Coalition, nous sommes déterminés à combattre la privation du droit de vote et la discrimination qui l’a toujours alimentée», a dit M. Bloomberg par voie de communiqué.

Un tribunal d’appel fédéral avait statué, le 11 septembre, qu’en plus de purger leur peine de prison, les criminels floridiens devaient acquitter toutes leurs amendes, tous leurs dédommagements et tous leurs frais judiciaires pour retrouver leur droit de vote.

Cette décision pourrait avoir un impact important sur le scrutin du 3 novembre, puisque le président Donald Trump a absolument besoin des 29 votes du collège électoral de la Floride pour obtenir un deuxième mandat.

Les électeurs floridiens avaient massivement adopté, en 2018, une mesure qui rétablissait le droit de vote des criminels qui avaient complété leur sentence. Les élus républicains avaient alors entrepris de préciser ce que «avoir complété une sentence» voulait dire.

En plus du temps passé derrière les barreaux, les élus ont décidé que les criminels devraient avoir réglé toutes leurs obligations financières, y compris les amendes et dédommagements, avant de pouvoir voter.

La Florida Rights Restitution Coalition avait récolté environ 5 millions $ US, avant que l’intervention de M. Bloomberg ne lui permette d’amasser près de 17 millions $ US de plus, selon des employés du milliardaire.

L’argent aidera les criminels qui doivent 1500 $ US ou moins et qui s’étaient inscrits pour voter pendant que la loi était débattue, ce qui représente environ 31 000 personnes. En 2000, le scrutin présidentiel s’est décidé par 537 votes en Floride, et les sondages y placent actuellement MM. Trump et Biden au coude à coude.

La coalition assure qu’elle ne ciblera pas les électeurs affiliés à un parti ou un autre.

«On s’en fout de la politique, on s’en fout des implications ou des insinuations, en bout de compte on parle de vrais gens, de vraies vies, de citoyens américains qui veulent (voter), a dit le patron du groupe, Desmond Meade. On fait taire depuis si longtemps les gens qui ont des condamnations criminelles.»

Le groupe dit pouvoir notamment compter sur l’appui du musicien John Legend, des vedettes du basketball LeBron James et Michael Jordan, du cinéaste Steven Spielberg, et d’entreprises comme MTV, Ben & Jerry’s, Levi Strauss, les Dolphins de Miami, le Magic d’Orlando et le Heat de Miami.

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