Boeing n’a pas révélé qu’une alerte de sécurité faisait défaut sur le 737 Max

Le constructeur Boeing a déclaré dimanche avoir découvert, plusieurs mois après que les compagnies aériennes eurent commencé à utiliser son avion 737 Max, qu’une alerte de sécurité dans le cockpit ne fonctionnait pas comme prévu. Boeing n’a pas révélé cette information aux compagnies aériennes ni aux organismes de réglementation jusqu’à l’écrasement de l’un de ses 737 Max.

La fonctionnalité en question a été conçue pour avertir les pilotes lorsqu’un capteur fournit des informations incorrectes sur le tangage de l’avion, par exemple, lorsque l’appareil pique du nez.

Dans les mois qui ont suivi la vente des premiers appareils en 2017, les ingénieurs de Boeing avaient découvert que le signal d’avertissement du capteur ne fonctionnait que lorsque les compagnies aériennes achetaient également une fonction optionnelle distincte.

Les capteurs ont mal fonctionné lors d’un vol en octobre en Indonésie et lors d’un autre en mars en Éthiopie et dans les deux cas, les logiciels installés dans l’avion ont mis l’avion en piqué. Les pilotes ont été incapables de reprendre le contrôle des appareils et les deux se sont écrasés, faisant 346 morts. Dix-huit Canadiens figuraient parmi les 157 victimes de l’écrasement de l’avion d’Ethiopian Airlines.

Il n’est pas clair si l’avertisseur lumineux aurait pu empêcher l’écrasement du vol de Lion Air en Indonésie ou de celui d’Ethiopian Airlines. Toutefois, la révélation faite dimanche par Boeing soulève de nouvelles questions sur la franchise de l’entreprise.

Boeing a répété que le 737 Max était un appareil sécuritaire même lorsque le signal d’avertissement du capteur ne fonctionnait pas. Selon Boeing, d’autres instruments de mesure donnent suffisamment d’information aux pilotes pour permettre de voler en sécurité.

Un porte-parole de la Federal Aviation Administration (FAA) a déclaré que l’agence américaine avait été informée du dysfonctionnement de l’avertisseur lumineux en novembre, après l’écrasement de l’appareil de Lion Air le 29 octobre en Indonésie. Il a déclaré que les experts de la FAA avaient déterminé que l’alerte de sécurité qui était non opérationnelle présentait un risque faible.

«Cependant, si Boeing avait communiqué plus tôt avec les compagnies aériennes, cela aurait contribué à réduire ou à éliminer toute confusion possible», a déclaré le porte-parole dans un communiqué. Celui-ci a refusé de donner plus de détails.