Bombardier désire obtenir une injonction contre Metrolinx en Ontario

MONTRÉAL – Bombardier se tourne vers les tribunaux ontariens dans le but d’obtenir une injonction contre Metrolinx afin d’empêcher l’agence ontarienne de transport régional d’annuler un contrat de 770 millions $ pour 182 voitures de trains légers

La multinationale québécoise a indiqué vendredi que sa requête de 49 pages déposée auprès de la Cour supérieure de l’Ontario visait à inciter son client à reprendre les discussions, tel que stipulé dans le contrat signé par les deux parties.

Bombardier (TSX:BBD.B) décoche également quelques flèches à Metrolinx, qu’elle accuse de mettre le projet en péril.

«Depuis la signature du contrat en 2010, Metrolinx a modifié la portée (de l’entente), les délais ainsi que plusieurs aspects techniques à de nombreuses reprises, fait valoir l’entreprise. De plus, le refus de Metrolinx de négocier de bonne foi au nom de la grande région de Toronto est décourageant.»

D’après le constructeur de matériel roulant, une «annulation injustifiée» de l’entente coûterait des millions de dollars aux contribuables ontariens, se traduirait par la perte de centaines d’emplois en plus de compromettre l’avenir de projets de transport en commun en Ontario.

«Nous voulons défendre nos droits, protéger nos employés ainsi que les contribuables qui ont besoin de ces voitures de trains légers», a commenté un porte-parole de Bombardier, Marc-André Lefebvre, au cours d’un entretien téléphonique.

En novembre, Metrolinx avait mis de la pression sur Bombardier en émettant un avis d’intention en vue d’annuler le contrat de 770 millions $, après que la société eut omis de lui livrer un prototype avant la fin octobre, comme prévu. Cette étape était nécessaire pour l’agence de transport advenant qu’elle demande aux tribunaux d’annuler le contrat.

M. Lefebvre a répliqué que la voiture en question se trouve à Kingston, en Ontario, qu’elle est prête à être inspecter, ce que Metrolinx refuse de faire.

Dans sa requête, la société québécoise se demande si son client désire réellement les 182 voitures prévues au contrat.

Pour sa part, Metrolinx dit avoir été déçue à plus d’une reprise par la performance de Bombardier et son incapacité à respecter l’échéancier de 2021 pour la mise en service de la ligne ferroviaire Eglinton Crosstown à Toronto.

«Nous ne cachons pas notre déception de voir ce dossier se retrouver devant les tribunaux considérant la longue relation d’affaires entre Bombardier et Metrolinx», a indiqué par courriel une porte-parole de l’agence ontarienne, Anne Marie Aikins.

Bombardier estime que l’attention portée au prototype de train a pris des proportions démesurées et que la production des voitures ne doit pas débuter avant 2018.

Le constructeur de matériel roulant affirme que ses voitures seront prêtes avant même que Metrolinx soit prête à tester les voies ferroviaires de ses projets.

«Nous sommes en mesure de procéder à des livraisons avant l’échéance», a affirmé M. Lefebvre.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a terminé la semaine à 2,57 $, en hausse de deux cents, ou 0,78 pour cent.