Bombardier: «un pas dans la bonne direction», selon le porte-parole de Couillard

MONTRÉAL – Le gouvernement Couillard, qui a demandé à plusieurs reprises à Ottawa d’investir généreusement dans l’entreprise Bombardier comme il l’avait fait pour l’industrie automobile en Ontario, a salué sobrement la contribution de 372,5 millions $ du gouvernement Trudeau, soulignant qu’il s’agit d’un «pas dans la bonne direction».

Dans une courte déclaration, le porte-parole du premier ministre du Québec, Harold Fortin, a souligné que la multinationale québécoise avait dit que cette entente répondait actuellement à ses attentes.

Québec s’attend maintenant à ce que le gouvernement fédéral «poursuive cette collaboration dans le but de développer l’industrie aérospatiale québécoise», ajoute-t-on.

Le gouvernement du Québec, qui a investi 1 milliard $ US dans le programme de CSeries, a «permis son essor», a soutenu M. Fortin.

L’opposition péquiste s’est dite «extrêmement surprise» d’une si maigre contribution du gouvernement fédéral et du fait que l’argent soit versé sous forme de prêt.

Alain Therrien, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’économie, a affirmé en entrevue téléphonique qu’il s’agissait sans contredit d’une nouvelle «insatisfaisante» pour le gouvernement Couillard, surtout parce que le fédéral a décidé d’investir dans deux programmes de Bombardier et pas seulement dans la CSeries comme l’a fait Québec.

«C’est un aveu pour dire que personne n’a suivi le gouvernement Couillard dans son « deal », parce que c’était un mauvais « deal »», a-t-il tranché.

La Coalition avenir Québec réagira à la nouvelle mercredi matin.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est montré très enthousiaste quant à cette nouvelle. Avant même que l’annonce ne soit faite, M. Coderre avait envoyé plusieurs gazouillis pour saluer la décision du gouvernement fédéral.

«Cet investissement du gouvernement canadien envoie un message très fort à travers le monde que tous les acteurs forment un partenariat solide voué au développement économique et durable et que l’industrie aéronautique est une priorité au Canada», a affirmé le maire Coderre par voie de communiqué.

Le syndicat représentant les travailleurs de Bombardier œuvrant dans les usines d’aérospatiale de la grande région de Montréal s’est dit «satisfait» de l’aide octroyée par Ottawa.

L’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’Aérospatiale (AIMTA) a dit par communiqué que le prêt annoncé mardi était «reçu comme un vote de confiance envers les travailleuses et travailleurs de Bombardier».

Le syndicat a dit espérer que cette annonce comprendra aussi des mesures de protection des emplois afin d’empêcher la délocalisation au moins pour la durée du prêt. «Pour le moment, nous n’avons aucune indication à cet effet», a-t-on affirmé.

Le coordonnateur de l’AIMTA, David Chartrand, a ajouté que l’organisation continuera de travailler pour la mise en place d’une politique pancanadienne de l’aérospatiale «qui viendrait structurer l’aide à l’industrie et éviterait les bras de fer comme celui dont nous avons assisté durant la dernière année entre Ottawa et Bombardier».

L’AIMTA dit représenter 15 000 membres au Québec, et plus de 50 000 au Canada, dont 16 000 dans l’industrie aérienne et aérospatiale.

————-

Voici d’autres réactions en vrac:

– Alexandre Boulerice, lieutenant du Québec pour le Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Malheureusement, le plan du gouvernement n’est pas aussi ambitieux qu’on aurait pu souhaiter. Nous sommes loin de rejoindre le 1 milliard de dollars que le gouvernement du Québec a investi l’année passée. De plus, nous ne voyons aucun plan pour venir compenser les 1500 anciens employés d’Aveos qui ont perdu leur emploi.»

– Rhéal Fortin, chef intérimaire du Bloc québécois

«L’aide du fédéral est bien en deçà de ce que l’entreprise demandait pour assurer le développement de la Série C. Le gouvernement du Québec a fait sa part et on espérait que le fédéral fasse la sienne, comme lorsqu’est venu le temps de soutenir l’industrie automobile ontarienne (…) On est bien déçus de constater qu’en fin de compte, la montagne a accouché d’une souris.»

– Rona Ambrose, chef intérimaire du Parti conservateur et leader de l’opposition officielle

«Je suis très inquiète concernant cet accord et ses implications pour les contribuables canadiens. (…) Ce n’est pas avec les subventions que l’on encourage l’investissement et la création d’emplois, mais plutôt par l’entremise de réductions d’impôt et d’un gouvernement qui laisse le champ libre. Le gouvernement doit évaluer soigneusement le message qu’il envoie lorsqu’une compagnie en particulier reçoit des millions de l’argent des contribuables tandis que des milliers d’entreprises à travers le pays écopent des politiques du gouvernement Trudeau.»

– Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)

«Ce nouveau partenariat avec le gouvernement fédéral est une décision tournée vers l’avenir. C’est une manifestation de confiance envers une entreprise leader de toute une grappe industrielle qui positionne avantageusement le Canada sur la scène internationale.»