Bourse pour le bénévolat étudiant: des organismes plongés dans l’incertitude

OTTAWA — Les organisations à but non lucratif qui comptaient sur la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant disent qu’elles n’ont reçu aucune information du gouvernement fédéral depuis que l’organisme UNIS a renoncé à gérer le programme de 912 millions $ il y a près de deux semaines.

Certaines de ces organisations, dont Souls Harbour Rescue Mission à Halifax, ont déjà recruté des étudiants en pensant pouvoir se prévaloir du programme, mais elles ne savent plus si le gouvernement couvrira réellement les paiements qui leur ont été promis. La directrice de Souls Harbour, Michelle Porter, souhaiterait que le gouvernement rassure les organisations comme la sienne quant au maintien du programme.

Le gouvernement avait annoncé que des étudiants pourraient recevoir jusqu’à 5000 $ pour leurs frais d’études en faisant du bénévolat dans le cadre de ce programme.

Le conseil d’administration de Souls Harbour a décidé que l’organisme honorerait l’engagement pris envers les sept étudiants qui font maintenant du bénévolat dans sa friperie, et ce, même si le gouvernement décidait de mettre fin au programme. Mme Porter a toutefois souligné que cela aurait des implications financières pour l’organisme, qui fournit des repas et un espace sûr à des centaines de personnes chaque semaine.

«Nous avons décidé que si le gouvernement décidait de ne pas payer, nous allions verser la subvention (aux étudiants) à sa place. Mais nous n’avons aucun moyen de le savoir» pour l’instant, a-t-elle expliqué.

Le maintien de la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant n’est qu’une des nombreuses questions en suspens depuis que l’organisation UNIS a décidé de se retirer de sa gestion, le 3 juillet. Le gouvernement fédéral a repris la responsabilité du programme et a indiqué qu’il s’affairait toujours à en établir les modalités, mais n’a pas fourni d’informations à ce sujet.

Le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé les grandes lignes du programme en avril, et avait donné plus de détails le 25 juin.

Plongés dans l’incertitude

Souls Harbour n’est pas la seule organisation à attendre des nouvelles du gouvernement depuis que le contrat de 20 millions $ accordé à UNIS pour gérer le programme de bourses a été résilié en raison des questions entourant les liens de la famille Trudeau avec les cofondateurs de l’organisme, Craig et Marc Kielburger.

«Nous n’avons eu aucune communication, a déclaré la porte-parole du zoo de Toronto, Jennifer Tracey. L’une de nos dernières communications avec les gens d’UNIS était simplement pour dire qu’ils travaillaient à transférer le programme au gouvernement fédéral, mais il n’y a rien eu de plus.»

Le président de YMCA Canada, Peter Dinsdale, affirme lui aussi être plongé dans l’incertitude quant au projet de l’organisation d’embaucher 391 étudiants dans ses différents établissements à travers le pays. Il commence à se demander si le projet pourra vraiment se concrétiser.

Le bureau de la ministre de la Jeunesse Bardish Chagger, de même le ministère de l’Emploi et du Développement social, qui a repris la gestion du programme, ont déclaré que le gouvernement aiderait les étudiants à faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19.

Pourtant, ils n’ont offert aucune mise à jour sur le programme jusqu’à maintenant, et n’ont pas dit non plus s’il serait maintenu selon les termes annoncés au départ.

«Le gouvernement du Canada demeure déterminé à soutenir les étudiants et le secteur à but non lucratif et travaille avec diligence pour élaborer un plan de transition, y compris les options sur la meilleure façon de procéder», a déclaré la porte-parole d’Emploi et Développement social Canada, Isabelle Maheu, dans un courriel en anglais transmis mercredi.

«Cela signifie qu’il y aura des retards, mais des informations supplémentaires seront fournies dès qu’elles seront disponibles.»

Le ministère a également refusé de dire combien d’étudiants étaient censés bénéficier du programme de 912 millions $, combien de demandes avaient été reçues et approuvées, ou combien de postes avaient déjà été comblés.

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