Bras de fer entre le secrétaire d’État Mike Pompeo et les démocrates

WASHINGTON — Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a accusé mardi les démocrates de la Chambre des représentants de chercher à «intimider et maltraiter» cinq responsables actuels et anciens pour tenter d’obtenir des informations dans son enquête sur l’Ukraine.

Dans une lettre au comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Pompeo a fait valoir que les dates demandées pour la comparution volontaire des fonctionnaires pour des dépositions dans le cadre de l’enquête de destitution sur le président Donald Trump n’étaient «pas réalisables».

«Je suis préoccupé par certains aspects de votre demande, a écrit M. Pompeo au président du comité, le représentant démocrate de New York Eliot Engel. Je ne tolérerai pas de telles tactiques et j’utiliserai tous les moyens à ma disposition pour prévenir et dénoncer toute tentative d’intimidation de professionnels dévoués.»

La réponse musclée de M. Pompeo survient au lendemain de la révélation qu’il figurait parmi ceux qui avaient écouté l’appel téléphonique de M. Trump avec le président ukrainien en juillet — appel qui a contribué à déclencher l’enquête de destitution. Sa résistance marque un durcissement de la confrontation entre les pouvoirs exécutif et législatif au sujet de la destitution, et pourrait à la fois ralentir l’enquête et exposer M. Trump à des accusations d’obstruction au travail du Congrès.

Les démocrates de la Chambre ont ouvert une enquête de destitution contre M. Trump après qu’un lanceur d’alerte eut révélé que, lors d’un appel téléphonique avec le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, M. Trump a demandé de l’aide pour enquêter sur un de ses potentiels adversaires, le démocrate Joe Biden, et son fils Hunter.

En bloquant toute comparution de représentants du département d’État et en exigeant que les avocats de l’exécutif les accompagnent, M. Pompeo met en évidence la vision de l’administration quant à l’autorité de la Maison-Blanche et donne le ton pour les conflits à venir.

Lors de la délivrance d’une citation à comparaître distincte la semaine dernière, dans le cadre de l’enquête, les présidents de trois comités de la Chambre ont clairement indiqué que le blocage de leur enquête serait considéré comme une entrave au Congrès dans son enquête.

Les comités recherchent des documents du département d’État et des témoignages volontaires de responsables anciens et actuels.

«Votre refus de vous conformer à la citation à comparaître constitue une preuve d’obstruction à l’enquête pour destitution de la Chambre», ont écrit M. Engel et les autres présidents, Adam Schiff du comité du renseignement et Elijah Cummings du comité de surveillance.

Dans leur lettre, les présidents cherchaient à obtenir des témoignages de responsables au cours des deux prochaines semaines, notamment de l’ancienne ambassadrice en Ukraine, Marie «Masha» Yovanovitch, et de l’ancien envoyé spécial Kurt Volker.

M. Volker a joué un rôle direct dans l’organisation de réunions entre Rudy Giuliani, l’avocat personnel de M. Trump, et le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, ont déclaré les présidents. Ces rencontres sont perçues comme étant des communications en coulisses avec Kiev.

Les démocrates veulent aussi entendre T. Ulrich Brechbuhl, un conseiller du département d’État qui a également écouté l’appel Trump-Zelenskiy, ont-ils précisé.

Il est difficile de savoir si M. Pompeo se conformera à la demande des comités d’ici vendredi et leur fournira les documents. Il avait refusé de donner suite à leurs précédentes demandes d’informations.

M. Pompeo, qui se rendait en Italie pour rencontrer le président et le premier ministre du pays, a ignoré une question soulevée mardi à propos de l’enquête.