Brian Gallant vante les mérites du bilinguisme devant des gens d’affaires

SAINT-JEAN, – Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a livré un plaidoyer pour le bilinguisme, lundi, à Saint-Jean, souhaitant déboulonner les «mythes» entourant le coût d’avoir deux langues officielles.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada, et M. Gallant affirme qu’il faut du travail, de la coopération et des discussions franches pour que cela fonctionne.

«Trop souvent, j’ai vu des personnes, malheureusement, ne pas être aussi tolérantes que (mon gouvernement) le voudrait. Cela a un impact direct sur ma famille et sur ceux que j’aime», a-t-il dit en s’adressant en anglais à la chambre de commerce de Saint-Jean.

Le premier ministre néo-brunswickois estime que le bilinguisme et la diversité sont des avantages pour la province, du point de vue social et économique.Le «manque de tolérance et de pragmatisme» explique en grande partie, selon lui, les tensions linguistiques dans la province.

M. Gallant a d’ailleurs évoqué les nombreuses protestations au sujet de la nécessité d’offrir des autobus scolaires séparés pour les élèves francophones et anglophones. Le coût par habitant du service de transport scolaire est en fait trois pour cent moins élevé que du côté de la Nouvelle-Écosse voisine, a-t-il soutenu.

Le gouvernement a demandé à la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick de trancher la question. «Y a-t-il, oui ou non, un droit absolu d’avoir des autobus distincts en fonction de systèmes éducatifs différents? Ou existe-t-il un juste milieu? Ces questions sont légitimes et c’est pour cela que nous avons demandé au plus haut tribunal de la province d’y répondre», a fait valoir M. Gallant.

Le ralentissement de l’économie et les médias sociaux mettent davantage en lumière les tensions existantes, a ajouté le politicien, qui a lui-même grandi auprès d’une mère anglophone et d’un père francophone.

«De nos jours, tous peuvent trouver une plateforme pour exprimer leurs opinions divergentes et les partager avec des centaines de personnes auxquelles ils n’auraient peut-être pas pu s’adresser autrement. On dirait que ceux qui ont des positions plus radicales ont une occasion d’influencer le débat de façon disproportionnée.»

Le pragmatisme doit nécessairement accompagner la tolérance, a par ailleurs souligné le premier ministre. Un citoyen ne doit pas être blâmé de préférer une langue à l’autre, a-t-il dit, en soulignant que 55 pour cent des emplois dans la fonction publique au Nouveau-Brunswick requièrent la maîtrise de l’anglais seulement.

Brian Gallant tiendra les mêmes propos — cette fois en français — devant des gens d’affaires de Caraquet, mercredi.

Il a par ailleurs indiqué que son gouvernement ferait des annonces, plus tard cette semaine, concernant l’apprentissage d’une langue seconde chez les adultes et l’immersion française.

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