Budget de la défense: le Congrès pourrait passer outre le veto de Trump

WASHINGTON — Le président sortant des États-Unis, Donald Trump, a opposé mercredi son veto au projet de loi annuel sur la politique budgétaire de défense, ouvrant la porte à la première dérogation d’un de ses vetos depuis son arrivée au pouvoir.

Le projet de loi, qui bénéficie d’un large soutien des deux partis au Congrès américain, prévoit des augmentations de salaire de 3 % pour les militaires et plus de 740 milliards $ US pour des programmes et projets de construction.

Donald Trump l’a rejeté depuis la Maison-Blanche, où il rumine sa défaite électorale et fait monter la pression sur les républicains pour qu’ils soutiennent ses tentatives de renverser les résultats du scrutin, à propos duquel il continue d’avancer des théories du complot infondées.

La Chambre des représentants doit siéger à nouveau lundi et le Sénat, mardi, afin de potentiellement passer outre le veto du président.

La décision de Donald Trump a été rapidement condamnée, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, l’ayant décrite comme «un acte de témérité stupéfiante qui fait du mal à nos soldats, nuit à notre sécurité et mine la volonté bipartisane du Congrès».

Le sénateur républicain de l’Oklahoma Jim Inhofe, président du comité sénatorial des forces armées, s’est abstenu de critiquer M. Trump, mais il a réaffirmé que le projet de loi est «absolument vital pour notre sécurité nationale et nos soldats». 

«Les hommes et femmes qui se portent volontaires pour endosser l’uniforme ne devraient pas se voir refuser ce dont ils ont besoin, jamais», a-t-il déclaré.

Avant de mettre son veto, Donald Trump avait notamment appelé les élus à y inclure des limites sur les réseaux sociaux qu’il accuse d’avoir un parti pris contre lui et à interdire la possibilité de renommer des bases militaires telles que Fort Benning et Fort Hood qui rendent hommage à des dirigeants confédérés.

Dans son message à la Chambre, mercredi, il a qualifié le texte législatif de «cadeau pour la Chine et la Russie». Il a également affirmé que de nombreuses dispositions «contredisent directement la politique étrangère de (son) administration, particulièrement (ses) efforts pour rapatrier (les) troupes».

La Chambre et le Sénat ont tous deux adopté la mesure avec des marges suffisamment importantes pour passer outre le veto du président. 

Au cours des quatre dernières années, Donald Trump a déjà opposé son veto à huit projets de loi, qui n’avaient pas obtenu les deux tiers des voix nécessaires dans chaque chambre pour se passer de la signature du président.

– Par Kevin Freking, The Associated Press

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