Budget de la Défense: le Congrès rejette le veto de Donald Trump

WASHINGTON — Le Congrès américain a rejeté vendredi le veto du président Donald Trump sur un projet de loi concernant la défense nationale, une première depuis son arrivée au pouvoir, il y a presque quatre ans.

Réuni en une séance extraordinaire, le Sénat contrôlé par les républicains a fait fi des objections du président défait. Il a adressé un cinglant désaveu à quelques semaines de la fin de son mandat.

Le projet de loi a finalement été appuyé par 81 sénateurs; 13 s’y sont opposés.

Donald Trump avait imposé son veto en affirmant que le projet de loi ne limitait pas les pouvoirs des entreprises de médias sociaux qui, selon lui, étaient biaisées contre lui au cours de la campagne électorale. Il s’opposait aussi aux changements de nom des bases militaires qui honoraient le nom d’officiers confédérés de la Guerre de sécession américaine.

Il a critiqué les élus de son propre parti, déplorant que «le faible leadership» républicain permette l’adoption du projet de loi sur la défense qu’il juge mauvais.

Il avait qualifié l’éventuel rejet de son veto «d’acte scandaleux de lâcheté et de soumission totale» aux grandes entreprises de technologie.

La nouvelle loi prévoit une augmentation de salaire de 3% pour les troupes américaines et oriente la politique de défense au sujet du niveau des troupes,  des nouveaux systèmes d’armes, de l’état de préparation militaire, des politiques du personnel et d’autres objectifs militaires. 

De nombreux programmes, notamment sur la fabrication d’armes,  ne peuvent entrer en vigueur que si le projet de loi est approuvé.

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué avant le vote que le Congrès avait facilement adopté la loi sur l’autorisation de la défense nationale au cours des 59 dernières années. 

Selon lui, la loi est aussi «une formidable occasion» pour orienter les priorités de sécurité nationale afin de refléter la détermination du peuple américain et d’évaluer les menaces qui pèsent sur la sécurité intérieure et extérieure. «C’est notre chance de rester en phase avec des concurrents comme la Russie et la Chine», a-t-il lancé.

Tentative d’obstruction

Le vote au Sénat a été retardé parce que le sénateur Bernie Sanders refusait qu’on aille de l’avant à moins que M. McConnell autorise un vote sur l’augmentation du montant des chèques de secours aux personnes touchées par la COVID-19.

M. McConnell s’est arrangé pour limiter le débat sur le projet de loi sur la défense, surmontant la menace d’obstruction formulée par M. Sanders et le leader démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Sans un accord bipartisan, le vote pour rejeter le veto présidentiel aurait pu être reporté à samedi soir. Cependant, les sénateurs ont accepté vendredi de procéder par un appel nominal immédiat.

La Maison-Blanche ou le président défait n’ont pas encore réagi à la décision du Sénat.

– Matthew Daly de l’Associated Press

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