Budget: environnement et COVID-19 au coeur des critiques de l’opposition

QUÉBEC — La réaction du gouvernement Legault à l’égard des turbulences économiques provoquées par le nouveau coronavirus ainsi que ses annonces en matière de changements climatiques ont été au coeur des doléances des partis d’opposition à la suite du budget déposé mardi par le ministre des Finances, Eric Girard.

Si Québec mise sur une croissance marquée des dépenses de l’ordre de 5,1 % en 2020-2021 afin d’aider la province à traverser d’éventuelles turbulences dans les mois qui viennent, il y a une «totale abstraction» de la menace économique, a estimé le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Carlos Leitao.

«C’est extrêmement hasardeux de (déposer) un budget dans le climat actuel sans mettre (de côté) une provision pour éventualité», a déploré en point de presse le député libéral, une journée après avoir proposé de créer une réserve d’un milliard de dollars.

M. Leitao s’est également étonné des prévisions de croissance optimistes, puisque Québec table notamment sur une hausse de 2 % du produit intérieur brut alors que la prévision était de 1,5 % dans le budget déposé l’an dernier.

Rédigé il y a une dizaine de jours, le budget Girard fait brièvement référence à la maladie COVID-19.

Le document tablait notamment sur un statu quo de la Réserve fédérale des États-Unis et de la Banque du Canada en matière de politique monétaire, alors que les deux banques centrales ont opté, la semaine dernière, pour des baisses d’un demi-point de pourcentage de leurs taux d’intérêt directeurs respectifs.

En matière d’environnement, M. Leitao a estimé que les engagements du gouvernement Legault ne sont que de la «poudre aux yeux», puisqu’une partie importante des 6,7 milliards $ qui doivent être dépensés au cours des six prochaines années proviendront du Fonds vert.

«Pour les détails de ces mesures, on verra, car elles seront annoncées plus tard et elles seront effectives dans les années après la fin du mandat, a dit M. Leitao. Je trouve cela extrêmement décevant.»

Québec solidaire a également critiqué le gouvernement Legault sur le même thème.

Pour le responsable du parti en matière de justice fiscale et de services publics, Vincent Marissal, le budget n’offre qu’en moyenne 350 millions $ par année d’argent neuf en matière de lutte contre les changements climatiques.

En ce qui a trait au Programme québécois des infrastructures (PQI), celui-ci a également déploré des investissements pratiquement deux fois plus élevés, à 26,8 milliards $, pour le «programme autoroutier» d’ici 2030 par rapport à ce qui était destiné aux projets de transport collectif.

«Il n’y a pas un sou de plus dans les réseaux de transport qui existent déjà», s’est insurgé M. Marissal.

À l’instar des deux autres formations politiques, le Parti québécois (PQ) a également estimé que le deuxième budget du ministre des Finances n’était pas «vert».

Le porte-parole de la formation politique en matière de finances, Martin Ouellet, a souligné qu’encore une fois, Québec a manqué de transparence en prévoyant initialement l’équilibre budgétaire pour l’année qui se terminera à la fin du mois, alors qu’il affichera finalement un excédent de 1,9 milliard $.

Alors que le COVID-19 continue à se propager, M. Ouellet a estimé qu’il était difficile de procéder à une «bonne évaluation» de la marge de manoeuvre de la province pour faire face aux perturbations provoquées par le coronavirus.

«J’aurais aimé être confiant, rassurant, a-t-il dit. Sans avoir les vrais chiffres (…) je ne peux pas, au nom du PQ, être rassurant.»

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