Butch Bowers aura la tâche immense de défendre Trump au procès en destitution

COLUMBIA, S.C. — Butch Bowers a l’habitude de défendre de hauts responsables dans des affaires d’éthique. Mais il n’a jamais rien affronté de tel.

Il incombera à M. Bowers, un avocat spécialisé en processus électoral et en éthique en Caroline du Sud, de défendre Donald Trump au moment où le Sénat plongera dans un procès en destitution hors de l’ordinaire, centré sur des accusations selon lesquelles l’ancien président a incité à la violence la foule qui a pris d’assaut le Capitole le 6 janvier. Pour M. Trump, qui devient le premier président à subir un procès en destitution à deux reprises, les enjeux sont énormes: s’il est reconnu coupable, il pourrait être empêché d’occuper à nouveau des fonctions publiques, mettant fin à tout espoir d’une nouvelle candidature à la Maison-Blanche en 2024.

M. Trump s’est tourné vers M. Bowers, une figure familière des cercles juridiques républicains, après que d’autres alliés en droit eurent décidé de passer leur tour. C’est un changement notable par rapport à son premier procès en destitution en 2020, lorsqu’il avait avec lui une écurie d’avocats de premier plan — dont Alan Dershowitz, Jay Sekulow, qui le représentait dans l’enquête sur la Russie, et Kenneth Starr.

Le premier procès en destitution a porté sur des accusations selon lesquelles M. Trump aurait sollicité indûment l’aide de l’Ukraine pour sa campagne de réélection. Le Sénat l’a acquitté de ces accusations. Le nouveau procès pourrait s’articuler autour de questions de droit plus larges, notamment si la Constitution autorise même une action en destitution au Sénat alors que le président n’est plus en fonction, a indiqué M. Sekulow, qui ne participera pas à la défense de M. Trump.

M. Sekulow a dit croire que M. Bowers, qui a des années d’expérience dans la représentation d’élus et de candidats politiques, est tout à fait en mesure de défendre M. Trump même s’il n’a jamais traité le dossier d’un ancien président ou d’un président en exercice dans un procès au Sénat. M. Sekulow a noté que lui aussi ne l’avait jamais fait auparavant. M. Bowers a notamment défendu l’ancien gouverneur de la Caroline du Sud, Mark Sanford, contre un effort de destitution raté qui s’est transformé en une enquête en matière d’éthique.

«C’est un excellent avocat avec une excellente réputation qui comprend le droit et la politique», a dit M. Sekulow, vendredi.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a recommandé M. Bowers auprès de Donald Trump et a déclaré à Fox News qu’il le considérait comme le pilier de l’équipe de M. Trump.

M. Bowers n’a pas répondu à un message pour commenter la situation.

On ignore quelle sera sa stratégie, bien qu’il y ait sans doute l’option de remettre en question la validité du procès. De nombreux républicains au Sénat — les jurés qu’il devra convaincre — ont déclaré qu’ils doutaient de la constitutionnalité d’un procès en destitution pour un ancien dirigeant, même si cela s’est déjà produit.

Les neuf directeurs de la Chambre du côté de la poursuite, quant à eux, se concentreront presque certainement sur le lien entre les remarques de M. Trump à des partisans lors d’un rassemblement avant l’émeute — par lesquels il les a notamment encouragés à «se battre comme des diables» («fight like hell») — et le chaos qui a suivi. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, transmettra lundi l’article de mise en accusation au Sénat. Les plaidoiries d’ouverture doivent s’amorcer la semaine du 8 février.

Pas un «Giuliani 2.0»

Bien que rien ne se compare peut-être au tourbillon juridique et politique d’un procès en destitution au Sénat, M. Bowers a de l’expérience à la fois à Washington et dans la défense de dirigeants élus pris dans la tourmente.

Il a été l’avocat de M. Sanford et d’une autre ancienne gouverneure, Nikki Haley, la guidant à travers une enquête qui devait déterminer si elle avait violé la loi de l’État en matière d’éthique.

Un comité d’éthique a finalement blanchi Mme Haley. Rob Godfrey, un conseiller de longue date de Mme Haley qui a travaillé en étroite collaboration avec M. Bowers lors de sa représentation de la gouverneure, a déclaré que l’avocat «travaille dur, a le sens du détail et connaît la loi».

Joel Sawyer, porte-parole de longue date de M. Sanford, a soutenu que les forces de M. Bowers résidaient dans son attitude calme et sa détermination à examiner les arguments juridiques sans se soucier de l’apparat et de la politique.

«Si Donald Trump laisse Butch être Butch et n’essaie pas de faire de lui quelqu’un qu’il n’est pas, en misant sur des arguments dingues et la visibilité devant les caméras de télévision, il sera tout à fait à sa place, a déclaré M. Sawyer. Si Trump veut qu’il soit Rudy Giuliani ou Sidney Powell 2.0, cela ne fonctionnera pas bien pour personne.»

Par Meg Kinnard And Eric Tucker – The Associated Press

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