C.-B.: Amanda Todd victime d’une «campagne persistante» de «sextorsion»

NEW WESTMINSTER, C.-B. — La mère d’Amanda Todd dit que son cœur a raté un battement lorsqu’elle a cliqué sur un lien vers un site Web de pornographie pour adultes qui affichait l’image de sa fille adolescente quelques jours avant Noël en 2010.

Devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Carol Todd a déclaré au procès d’Aydin Coban, un Néerlandais accusé d’avoir harcelé et extorqué sa fille, Amanda, que le lien vers le site était contenu dans un message Facebook qui lui était adressé.

Coban a plaidé non coupable lundi à des accusations d’extorsion, de harcèlement, de communication avec une personne mineure en vue de commettre une infraction sexuelle et à deux chefs de possession de pornographie juvénile.

La procureure de la Couronne Louise Kenworthy a dit dans sa déclaration préliminaire qu’Amanda avait été victime d’une «campagne persistante» de «sextorsion» en ligne de novembre 2009 à février 2012, avant sa mort par suicide à 15 ans en octobre de la même année.

Mme Kenworthy a déclaré que le «sextortionniste» avait utilisé plus de 20 noms d’utilisateur distincts pour contacter l’adolescente de Port Coquitlam, menaçant d’envoyer à ses amis et à sa famille des photos qui la montraient avec sa main dans ses sous-vêtements et exposant ses seins, à moins qu’elle ne commette des actes sexuels devant d’une caméra Web.

Carol Todd a témoigné au procès devant jury qu’elle avait fait une capture d’écran et imprimé une copie de ce qu’elle avait vu lorsqu’elle avait cliqué sur le lien dans le message Facebook de décembre 2010.

Elle a dit qu’elle avait prévu de le signaler à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) le lendemain matin, car il était environ 22 h, mais un agent a sonné à sa porte vers 2 h afin d’effectuer un «contrôle de sécurité» sur Amanda, qui séjournait avec son père à l’époque.

Mme Kenworthy a montré au jury des exemples de messages envoyés à l’adolescente via Facebook, YouTube et Skype, dont un dont l’auteur a déclaré qu’ils disparaîtraient si elle organisait «10 shows».

Le procureur a déclaré que des messages avaient également été envoyés à plus de 100 utilisateurs de Facebook qu’Amanda connaissait, leur disant qu’elle avait exposé ses seins en ligne et incluant un lien vers un site Web.

Après avoir reçu le message initial, Mme Todd a raconté qu’elle était allée avec Amanda et son père pour parler de la situation avec la police.

Sa fille était silencieuse et peu communicative à propos de l’incident, selon Mme Todd, mais après avoir parlé plus tard, elle a conclu que c’était parce qu’Amanda ressentait de la culpabilité, de la honte et craignait d’avoir des ennuis.

Mme Todd a convenu avec le procureur qu’elle avait encouragé sa fille à lui dire si elle recevait des messages, disant qu’elle n’aurait pas d’ennuis et que c’était pour sa sécurité.

Mme Todd a témoigné qu’Amanda avait peur lorsqu’elle a porté à son attention des messages ultérieurs et que la détresse augmentait à chaque message.

Elle a dit qu’Amanda avait l’impression d’être suivie ou harcelée par une personne inconnue.

Mme Todd a expliqué qu’Amanda avait suivi des cours de chant et qu’elle avait compris à un jeune âge comment s’enregistrer en train de chanter et télécharger les vidéos sur YouTube.

«C’était une époque où Justin Bieber est devenu célèbre en ligne», a-t-elle dit, et comme beaucoup d’autres jeunes, Amanda voulait aussi être célèbre.

Mme Todd a déclaré que lorsqu’Amanda restait avec elle, l’accès à Internet et son l’ordinateur portable était restreint.

Mme Kenworthy a déclaré au jury au début du procès lundi que la Couronne s’attendait à présenter des preuves et à appeler des témoins pour montrer que les nombreux comptes qui auraient été utilisés pour harceler et extorquer Amanda Todd étaient exploités par Coban, qui a été arrêté par la police néerlandaise à son domicile en janvier 2014.

Des agents néerlandais ont fouillé le domicile de Coban et saisi un ordinateur de bureau, un ordinateur portable et des disques durs, a-t-elle déclaré, et des copies médico-légales du contenu des appareils ont été envoyées à la GRC en Colombie-Britannique.

Un agent de la GRC qui a examiné le matériel devrait témoigner qu’il a trouvé des preuves de comptes qui auraient été utilisés pour harceler Amanda sur un ou plusieurs de ces appareils saisis, a-t-elle précisé.

Le procès entendra également la preuve des noms de fichiers faisant référence à l’adolescente, bien que le contenu de ces fichiers ne soit plus visible, a conclu la procureure Kenworthy.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.