C.-B.: une agente de la GRC sous enquête pour voie de fait alléguée

KELOWNA, C.-B. — La Gendarmerie royale du Canada affirme que deux enquêtes ont été déclenchées sur une intervention policière dont une vidéo a récemment été rendue publique dans le cadre d’une poursuite intentée à Kelowna, en Colombie-Britannique.

Une enquête criminelle et une enquête déontologique interne sont en cours, indique l’inspectrice Laura Livingstone, qui dirige sur une base intérimaire le détachement de la GRC à Kelowna. L’inspectrice ajoute que l’agente en question — dont elle n’a pas révélé l’identité — a entre-temps été assignée à des tâches administratives. Un service de police externe sera invité à examiner les conclusions de l’enquête criminelle menée par la GRC, précise-t-elle.

Dans une déclaration déposée devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Mona Wang allègue avoir été blessée par la caporale Lacey Browning, lors de ce qui devait être une vérification de son état de santé, le 20 janvier dernier. La plaignante est une étudiante en sciences infirmières au campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique.

Les allégations n’ont pas encore été démontrées devant les tribunaux et l’agente, le procureur général du Canada ainsi que le ministre de la Sécurité publique et solliciteur général de la Colombie-Britannique nient tout acte répréhensible. Tous trois sont nommés comme défendeurs dans cette affaire.

L’inspectrice Laura Livingstone soutient que les enquêtes sur cet incident constituent une priorité de la GRC. «Les personnes directement impliquées sont tenues pour responsables», a-t-elle déclaré.

Des images de surveillance, captées à l’intérieur d’un immeuble à logements, ont été divulguées sous ordonnance du tribunal dans le cadre de la poursuite au civil.

La vidéo montre une policière fédérale traîner une femme, tête première, le long d’un couloir recouvert de tapis, puis lui mettre un pied sur la tête et la tirer par les cheveux dans un hall d’entrée.

La déclaration de Mona Wang affirme que la conduite de la policière était «abusive et répétitive à l’extrême» après qu’elle l’eut trouvée à demi-consciente dans son appartement.

Son petit ami avait appelé la GRC pour s’enquérir de son bien-être, précise le document.

La plainte de Mona Wang souligne que l’agente de la GRC agissait en tant qu’employée de la Couronne et avait donc un devoir de diligence pour s’assurer qu’elle reçoive des soins médicaux et que sa conduite ne lui cause pas de tort. La jeune femme dit avoir été laissée avec des ecchymoses au visage et un œil droit tuméfié, sans que la caporale Browning n’ait tenté d’évaluer si elle avait besoin d’assistance médicale.

La déclaration de la défense indique pour sa part que l’agente a trouvé Mona Wang au sol, avec un couteau en main et des bouteilles vides de vin, d’acétaminophène et de mélatonine à proximité. On peut y lire que l’étudiante a commencé à crier et à balancer ses bras en direction de la policière, qui l’a ensuite frappée afin de la maîtriser et de la mettre en état d’arrestation en vertu d’une loi provinciale sur la santé mentale.

Les parties défenderesses maintiennent que la caporale a utilisé une force raisonnable et nécessaire.

Mona Wang avance que l’agente Browning lui a crié d’«arrêter de dramatiser» la situation, qu’elle ne lui a pas expliqué les raisons de sa détention et qu’elle a induit en erreur les professionnels de la santé à l’Hôpital général de Kelowna.

Selon l’étudiante, la policière aurait signalé au personnel hospitalier qu’elle était intoxiquée par de la méthamphétamine, bien qu’un rapport de toxicologie ait démontré qu’elle n’avait alors aucune drogue illicite ou trace d’alcool dans son sang.