«Ça va mauditement bien», selon le regroupement des résidences pour aînés

QUÉBEC — L’hécatombe causée par le coronavirus dans les CHSLD éclabousse d’autres types d’établissements, comme les résidences privées pour personnes âgées, où «ça va mauditement bien» malgré tout.

C’est ce qu’a indiqué le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Yvon Desjardins, jeudi.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, il s’est désolé de l’amalgame qui est fait dans la crise actuelle entre les différents types d’établissements, alors que, dans la très grande majorité des résidences privées de son association, la situation est sous contrôle.

«Est-ce qu’il y a des problèmes? Oui, il y a des résidences qui y goûtent, a-t-il commenté. Tout le monde prie pour ne pas avoir ça dans sa résidence, mais ça va mauditement bien, je dirais.»

Lettre ouverte

Son regroupement s’apprête d’ailleurs à publier une lettre ouverte pour remettre les pendules à l’heure. Des pressions ont aussi été faites auprès du gouvernement pour que le premier ministre distingue bien dans son bilan les résidences privées pour aînés des CHSLD.

Le RQRA rassemble 800 des 1700 résidences privées pour aînés du Québec, mais ses membres offrent au total 98 000 des 139 000 unités de logement sur le territoire.

Selon le tableau du ministère de la Santé qui répertorie les 165 milieux de vie pour aînés ayant au moins un cas de coronavirus, 71 sont des résidences privées pour aînés: 37 ont 5 cas de COVD-19 ou moins, 16 ont entre 6 et 12 cas, et 10 résidences sont considérées comme dans une situation «critique», parce que plus de 25 pour cent des résidants sont des cas confirmés.

L’effet Herron

En outre, le président du RQRA déplore que le scandale du CHSLD Herron, dans l’ouest de l’île de Montréal, se répercute aussi sur ses membres. Or ce CHSLD privé n’est pas une résidence privée pour personnes âgées membre de son regroupement.

Rappelons que trois enquêtes sont en cours dans cet établissement après la mort d’au moins 31 résidants laissés à eux-mêmes. En outre, le président du groupe propriétaire du CHSLD avait un lourd passé criminel, selon ce qu’a révélé La Presse.

«Ça nous touche et ça nous fait mal, tout le temps, ce sont des taches pour l’industrie, tout le monde passe pour de mauvaises personnes alors que ce n’est vraiment pas le cas», a déclaré M. Desjardins.

Quant à la probité de ses propres membres, il a déclaré qu’il se fiait sur la certification accordée par le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de chaque région, qui est nécessaire pour devenir membre du RQRA. Également, une vérification est effectuée par son organisme à chaque nouvelle adhésion.

Peut-il garantir que ses membres sont intègres et au-dessus de tout soupçon? «Ça ne donne jamais de garantie à 100 pour cent», a conclu M. Desjardins. Cependant, il a tenu à se montrer rassurant.

«Ces gens-là sont là parce qu’ils aiment les aînés. Leur priorité, ce n’est pas l’argent. Ce sont vraiment des gens de coeur.»