Dominique Anglade exclut la députée Marie-Claude Nichols du caucus libéral

QUÉBEC — La députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, a été exclue jeudi du caucus libéral. 

À la suite de l’élection du 3 octobre, le nouveau mandat de l’opposition officielle débute donc sur fond de tension dans le caucus libéral, avec cette exclusion d’une députée.

Depuis moins d’un an, c’est la deuxième députée expulsée du caucus dirigé par Dominique Anglade, après l’ex-députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, en novembre dernier, à la suite d’allégations de harcèlement psychologique qui n’ont fait l’objet à ce jour d’aucune plainte formelle.

Sous sa gouverne, le caucus libéral ne compte donc plus dorénavant que 20 députés, au lieu des 21 élus le 3 octobre. C’est la pire performance de l’histoire du parti.

Mme Anglade s’est refusée à tout commentaire sur le départ forcé de sa députée et a décliné toute demande d’entrevue.

La nouvelle de l’exclusion de Mme Nichols a été confirmée en après-midi par Karl Filion, le nouveau directeur des communications de la cheffe de l’opposition officielle. Elle survient quelques heures après la divulgation de la composition du cabinet fantôme de l’opposition officielle.

Officiellement, c’est le président du caucus, le député de Marquette, Enrico Ciccone, qui assume la décision de répudier l’élue. Dans le camp libéral, on reprochait à Mme Nichols d’avoir refusé la veille le poste de porte-parole en matière de Transports, que la cheffe lui avait demandé d’occuper. En déclinant l’offre, on a conclu qu’elle n’était pas une «joueuse d’équipe» et on l’a exclue sans tarder, a indiqué une source libérale.

Mme Nichols avait demandé à sa cheffe qu’on lui réserve celui des trois postes de vice-présidents de l’Assemblée nationale qui revient à l’opposition officielle. Mais Mme Anglade lui a préféré le député de Viau, Frantz Benjamin, qui le convoitait aussi.

En guise de prix de consolation, la cheffe a proposé mercredi à la députée de devenir porte-parole dans les dossiers de Transports, une offre jugée inintéressante qu’elle s’est empressée de décliner. Elle n’en a pas reçu d’autre par la suite, se retrouvant bredouille. C’était donc la seule élue de l’équipe libérale à ne se voir confier aucune responsabilité.

Élue une première fois en 2014, puis réélue à deux reprises sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ), l’élue de Vaudreuil devra donc siéger désormais à titre de députée indépendante.

En coulisses, des sources libérales ont affirmé que le climat de tension entre Mme Nichols et la cheffe n’était pas récent, alors que depuis des mois des informations circulaient voulant que Mme Anglade souhaitait que Mme Nichols ne soit pas sur les rangs lors du dernier scrutin.

Le cabinet fantôme libéral devait être annoncé mercredi, mais les vives tensions entre Mme Anglade et Mme Nichols ont retardé le processus, ont indiqué des sources libérales.

La nouvelle députée indépendante n’a pas donné suite à une demande d’entrevue, tout comme le président du caucus libéral. 

En fin de journée, M. Ciccone a cependant transmis un bref commentaire écrit, dans lequel il reproche à la députée de ne pas avoir l’esprit d’équipe.

«Un membre de notre caucus doit accepter de participer aux travaux parlementaires et non exiger un poste en particulier», selon lui.

Cabinet fantôme

Les élus libéraux auxquels la cheffe a accordé sa confiance sont principalement le député de LaFontaine, Marc Tanguay, qui aura plusieurs responsabilités, dont le poste de leader parlementaire et celui de porte-parole en Relations canadiennes et en Transports. 

Les autres députés réélus le 3 octobre et qui occuperont les postes-clés sont le député de Pontiac, André Fortin, qui donnera la réplique au ministre Pierre Fitzgibbon, dans les dossiers de l’Économie, de l’Énergie et du Développement économique régional, et le député de Nelligan, Monsef Derraji, qui conserve le dossier de la Santé, qui s’ajoute à ses responsabilités de leader adjoint.

Le dossier de l’Éducation demeure entre les mains de la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, mais elle demeurera loin du parlement pour un temps indéterminé, étant mère d’un nouveau-né depuis quelques jours.

Parmi les nouveaux élus libéraux, notons les noms de la députée de Notre-Dame-de-Grâce, Désirée McGraw, qui devra défendre le dossier chaud de l’Environnement et des Changements climatiques, et du député de Marguerite-Bourgeoys, Frédéric Beauchemin, qui aura la lourde responsabilité de critique en matière de Finances et du Conseil du trésor.     

La députée de Bourassa-Sauvé, Madwa-Nika Cadet, défendra la Langue française et sera responsable du dossier de l’Emploi, tandis que la députée de Mont-Royal-Outremont, Michelle Setlakwe, s’occupera de la Culture et de la Francophonie.

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