Cafouillages de la DPJ: le ministre Carmant promet d’agir avant la fin de l’été

QUÉBEC — En principe, les enfants vulnérables pris en charge par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) devraient avoir droit, avant longtemps, à des services de meilleure qualité dispensés dans des délais plus courts.

C’est du moins l’engagement pris par le ministre responsable, Lionel Carmant, mercredi en mêlée de presse, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a dit avoir enfin reçu tous les plans d’action réclamés aux CISSS et aux CIUSSS, les structures régionales desquelles relèvent les bureaux de la DPJ présents dans tous les coins du Québec.

Il disait attendre ces plans d’action régionaux pour confectionner un plan d’action national visant à diminuer les listes d’attente, notamment par l’embauche d’un plus grand nombre d’intervenants chargés de donner suite aux signalements reçus.

Il n’a cependant pas donné de précision sur l’ampleur des ressources additionnelles à prévoir, ni sur le coût de l’initiative. On ne sait pas non plus quelle échéance sera fixée pour procéder aux embauches de travailleurs sociaux.

Mais il a assuré qu’il ferait une annonce en ce sens avant la fin de l’été.

«C’est vraiment le manque de suivi, le manque de ressources, qui est mis de l’avant. Nous, ce qu’on veut, c’est vraiment injecter des ressources et on va faire des annonces prochainement», a dit le ministre Carmant, en indiquant qu’il était en train d’analyser les plans d’action régionaux qui lui ont été présentés. 

C’est la première fois depuis le drame survenu à Granby que le ministre Lionel Carmant se risque à donner une certaine échéance pour apporter les correctifs nécessaires à la DPJ.

Périodiquement, les médias rapportent des cas troublants d’enfants négligés, maltraités, au vu et au su de la DPJ.  

Fin avril, on apprenait qu’une fillette de 7 ans de Granby, bien connue de la DPJ de l’Estrie, avait succombé à ses blessures après avoir subi des mauvais traitements à répétition.

La crise actuelle s’explique par le fait que la DPJ est rendue incapable de répondre au nombre sans cesse croissant d’appels à l’aide reçus, faute de moyens.

À l’heure actuelle, il semble impossible de savoir combien de postes d’intervenants il faudrait créer pour éliminer les listes d’attente de la DPJ.

Le Québec a dépassé le cap des 100 000 signalements annuels — un bond de 12 pour cent l’an dernier seulement —, laissant des milliers d’enfants vulnérables sur des listes d’attente pendant des mois, et de plus en plus longtemps, faute de personnel pour s’en occuper.

En parallèle, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, dirigée par Régine Laurent, devrait débuter ses travaux cet automne. Elle a le mandat de revoir toute l’approche gouvernementale privilégiée pour venir en aide aux enfants vulnérables.

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