Campagne de lettres de syndiquées dans des services de garde d’urgence

MONTRÉAL — Des travailleuses des CPE syndiquées à la Fédération de la santé et des services sociaux ont lancé, mercredi, une campagne d’envoi de lettres, mécontentes qu’elles sont de devoir accueillir dans certains cas des enfants d’âge scolaire dans les services de garde d’urgence.

Au cours des trois prochains jours, des lettres seront donc adressées au premier ministre François Legault et au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, par des travailleuses dans les 400 Centres de la petite enfance concernés.

Cette fédération, affiliée à la CSN, veut ainsi protester contre deux aspects des services de garde d’urgence, notamment la demande qui est faite d’accepter les enfants de 5 à 12 ans qui sont frères ou soeurs d’un enfant de moins de 5 ans qui fréquente déjà ce service de garde.

L’idée derrière cette demande des autorités est de faciliter la vie des parents qui travaillent dans un hôpital, par exemple, pour leur éviter d’avoir à aller reconduire leurs enfants dans deux services différents.

«Ça rend les travailleuses plutôt inconfortables», a commenté en entrevue Louise Labrie, représentante du secteur des CPE à la fédération. Elle note que les jouets ne sont pas adaptés pour les 5 à 12 ans et que les services de garde en milieu scolaire seraient «mieux équipés» pour les accueillir.

L’autre mesure qui déplaît est celle de permettre à un parent qui travaille dans les services d’urgence d’envoyer son enfant au service de garde d’urgence, même si l’autre parent fait du télétravail, voire reste à la maison sans travailler, explique-t-elle.

Il n’est cependant pas question de grève, a assuré Mme Labrie.

Autre voie à la CSQ

À la CSQ, qui représente 3000 travailleuses dans les CPE et 13 000 dans les services de garde en milieu familial, on n’a pas recours à de tels moyens de pression.

En entrevue, la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance, Valérie Grenon, a confirmé que ses membres éprouvent le même malaise face aux deux aspects.

Toutefois, elle note que pour ce qui est des enfants de 5 à 12 ans, le ministère n’en fait plus une obligation. Il appartient à la direction du CPE d’en décider.

Donc, ses membres «s’en accommodent, mais elles auraient préféré ne pas les accueillir, parce qu’elles ne sont pas équipées pour ça», a expliqué Mme Grenon.

Quant à l’aspect des deux parents travaillant dans les services essentiels, elle confirme que ses membres ont vécu quelques aberrations, comme le père qui va se promener en vélo alors que la mère travaille et vient porter l’enfant au service de garde d’urgence.

Mme Grenon note toutefois que le message a été passé — et compris — que ces services de garde doivent être «un plan B» pour les travailleurs qui n’ont pas d’autre choix. «Tu viens nous voir si tu n’as pas d’autre solution», résume-t-elle.

«On sent qu’il y a eu un mouvement. On est passé de 9000 enfants, le 13 mars, à 5000 dans notre réseau», illustre Mme Grenon.

La FIPEQ de la CSQ a toutefois demandé à ses membres de rester alertes et lui rapporter tout problème dans ce contexte.

Invité à commenter, le ministère de la Famille ne l’avait pas encore fait au moment d’écrire ces lignes.

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