Canada-Chine: l’opposition à Ottawa convoque un comité, en vain

OTTAWA — Les partis de l’opposition à Ottawa n’ont pas réussi à profiter d’une rare audience estivale d’un comité des Communes pour réclamer une enquête qui aurait obligé la ministre des Affaires étrangères et des hauts responsables à préciser la politique du gouvernement libéral à l’égard de la Chine.

Les députés conservateurs et néo-démocrates membres du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international avaient convoqué cette réunion extraordinaire, mardi, au coeur des vacances d’été. Ils souhaitaient revenir sur les déclarations de deux ex-ambassadeurs en Chine.

Guy Saint-Jacques et David Mulroney ont déclaré au quotidien «The Globe and Mail», la semaine dernière, qu’ils avaient été contactés par un responsable d’Affaires mondiales Canada sur un ton pour le moins partisan. M. Mulroney a soutenu que le responsable lui avait demandé de faire valider à l’avenir ses commentaires par Affaires mondiales — et que cette directive émanait du cabinet du premier ministre.

Lors de cette réunion estivale, mardi après-midi, les députés libéraux, majoritaires au sein du comité des Communes, ont rejeté une motion qui prévoyait de convoquer la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, les deux anciens ambassadeurs en Chine et d’autres témoins.

La députée conservatrice Leona Alleslev a soutenu qu’une telle enquête du comité aurait permis de savoir ce que les libéraux avaient accompli pour mettre fin au conflit diplomatique croissant entre le Canada et la Chine. On aurait pu aussi, selon elle, permettre aux Canadiens de savoir si le gouvernement canadien avait tenté de «museler» les deux diplomates.

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà assuré que son cabinet n’avait pas demandé au ministère de faire taire les anciens ambassadeurs.

Le député libéral Rob Oliphant, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, a déclaré lors de la réunion du comité, mardi, qu’il fallait d’abord et avant tout garantir la sécurité des deux Canadiens détenus en Chine, mais aussi assurer les moyens de subsistance des agriculteurs et des autres Canadiens touchés par le litige commercial avec Pékin.

M. Oliphant a soutenu qu’on avait simplement contacté les deux anciens ambassadeurs afin de s’assurer que les Canadiens parlaient «d’une voix éclairée» — mais pas «d’une seule voix».

«Il y avait une intention d’informer, de discuter: ça a été mal compris, ça a été vu comme une intention de contrôler, d’une manière ou d’une autre», a déclaré M. Oliphant aux journalistes à l’issue de la réunion. Le secrétaire parlementaire a rappelé les déclarations du cabinet du premier ministre et d’Affaires mondiales selon lesquelles il n’y avait eu aucune intention de faire pression sur les deux anciens diplomates.