1,5 million de personnes au Canada sont atteintes d’un cancer ou y ont survécu

MONTRÉAL — Le nombre de personnes atteintes d’un cancer ou qui y ont survécu dépasse maintenant 1,5 million au Canada comparativement à un million il y a 10 ans, révèle le rapport spécial de 2022 sur la prévalence du cancer, tiré des Statistiques canadiennes sur le cancer.

Dans ce nouveau rapport publié mardi, la Société canadienne du cancer (SCC) explique que cette hausse résulte à la fois d’une survie améliorée et d’une incidence accrue.

De manière plus précise, ce sont près de 1 574 000 personnes qui avaient reçu un diagnostic de cancer au cours des 25 dernières années et qui étaient toujours en vie en date du 1er janvier 2018, apprend-on.

Si l’on se concentre plutôt sur le nombre de cancers dépistés, puisque certains patients peuvent souffrir de plus d’un cancer au cours de leur vie, ce sont 1 698 255 tumeurs cancéreuses qui ont été recensées au pays au cours des 25 dernières années et dont les patients porteurs étaient toujours en vie en date du 1er janvier 2018. 

Jennifer Gillis, gestionnaire principale à la SCC, précise que les investissements dans la recherche rapportent, sous forme de meilleures méthodes de détection et de traitements plus efficaces.

Le rapport fait état d’un nombre élevé de personnes faisant face ou ayant fait face au cancer qui connaissent une longue vie. À ce sujet, l’analyste principal chez Statistique Canada et chef d’analyse du présent rapport, Jean-Michel Billette, souligne que «la progression semble être un peu plus rapide pour les durées de prévalence les plus longues», ce qui révèle que la survie joue un rôle accru dans la croissance de la prévalence.

Une observation qui se veut une bonne nouvelle pour les patients qui se font annoncer la terrible nouvelle de la présence d’une tumeur. Si les cancers du pancréas ou du poumon demeurent ravageurs, ceux du sein ou de la prostate affichent des taux de survie de près de 90 % après cinq ans, note M. Billette.

La Société canadienne du cancer signale qu’en 2012, environ 193 000 personnes ont reçu un diagnostic de cancer au Canada et que ce nombre a grimpé à environ 206 000 en 2017. Selon les estimations, un cancer sera diagnostiqué chez 233 900 personnes cette année, surtout à cause de la croissance et du vieillissement de la population.

Un poids pour le réseau

La SCC rappelle qu’une hausse du nombre de diagnostics de cancer signifie que les systèmes canadiens de soins de santé seront encore plus sollicités. Ces systèmes ont déjà subi des retards et des interruptions de soins pendant la pandémie de COVID-19, ce qui pourrait faire augmenter le nombre de cancers diagnostiqués à un stade avancé.

La Société canadienne du cancer affirme que sans nouveaux investissements, les systèmes de soins de santé n’auront pas assez de ressources pour répondre au nombre croissant de Canadiens qui seront atteints d’un cancer.

Et puisqu’il y a de plus en plus de personnes qui vivent longtemps pendant ou après une expérience de cancer, le soutien pour assurer une qualité de vie pendant les périodes d’après-traitement et de survie augmentera. 

La SCC espère que tous les ordres de gouvernement collaborent et contribuent à créer un système de soins de santé faisant l’objet d’investissements immédiats qui garantissent l’accès équitable et rapide à des services de soins et qui aident à la recherche médicale.  

Lundi, le gouvernement du Canada s’est dit prêt à hausser ses transferts en santé vers les provinces et territoires, mais à condition que tous travaillent pour créer un système de données sur la santé. Les 13 ministres provinciaux et territoriaux de la Santé sont réunis jusqu’à mardi à Vancouver avec leur homologue fédéral, Jean-Yves Duclos.

Plus de cas dans l’Atlantique

Selon les données recueillies, la prévalence de cancers serait plus élevée dans les provinces de l’Atlantique qu’ailleurs au pays. L’hypothèse soulevée par les chercheurs est que le vieillissement de la population au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et à Île-du-Prince-Édouard s’accélère plus rapidement que dans les autres provinces.

L’âge n’est cependant pas le seul facteur, rappelle Jean-Michel Billette. «Il y a des facteurs associés aux habitudes de vie: tabagisme, habitudes alimentaires incluant la consommation d’alcool, activité physique, sédentarité, obésité, etc.»

Dans l’ordre, la prévalence par tranche de 100 000 personnes s’élève à 5105,3 à Terre-Neuve-et-Labrador, 5078,4 au Nouveau-Brunswick, 5007,8 en Nouvelle-Écosse et 4655,6 à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les autres provinces qui présentent les taux les plus hauts sont l’Ontario avec 4420,5, la Colombie-Britannique avec 4027,6 et le Manitoba avec 3827,6.

Pas de données québécoises

Le Québec est la seule province qui n’a pas fourni de données au Registre canadien du cancer sur les diagnostics posés dans son réseau de santé depuis 2011. Afin de dresser le portrait le plus complet possible de la situation au Canada, les chercheurs ont donc établi la proportion de prévalence du cancer dans l’ensemble des autres provinces, puis ont appliqué ces taux à l’ensemble de la population canadienne en incluant le Québec. 

Il n’est donc pas possible de comparer la prévalence des types de cancer au Québec par rapport aux autres provinces ou au reste du pays avec les données comprises dans ce rapport.

Jean-Michel Billette explique que les données du Québec sont désormais disponibles et ont même été récemment transmises au registre canadien, mais trop tard pour être incluses dans le rapport.

C’est une démarche de transformation de la méthode de compilation de données dans le registre québécois qui s’est échelonnée sur plusieurs années qui explique l’absence de ces chiffres.

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