Le vote des Américains expatriés au Canada pourrait être crucial

Les démocrates « canadiens » pourraient influencer le résultat du scrutin du 3 novembre, particulièrement dans l’État du Michigan où Donald Trump a triomphé en 2016.

Malgré la grande division partisane qui sévit dans la politique américaine, les républicains et démocrates vivant au Canada s’entendent sur un fait: les expatriés américains doivent voter.

Environ 620 000 électeurs américains vivent au Canada, mais seulement 33 000 d’entre eux ont rempli un bulletin de vote lors des dernières élections, il y a quatre ans. Des membres des deux partis ont affirmé que ce faible taux de participation a peut-être contribué à la victoire de Donald Trump.

Un bulletin de vote par courrier en main, l’avocat canado-américain Graeme Wagner, âgé de 35 ans, votera cette année pour la première fois depuis qu’il a déménagé au Canada comme étudiant en 2004.

« Je n’accomplirais pas mon devoir de citoyen si je ne votais pas de toute façon », a affirmé M. Wagner, dont le vote n’aura pas grand impact dans l’État déjà très démocrate du Massachusetts.

Même si chaque État a ses particularités, les expatriés doivent généralement procéder à leur inscription, demander un bulletin de vote et l’envoyer par la poste. Dans certains États, la date limite pour entamer ce processus est dimanche.

Avocat-fiscaliste et président de Republicans Overseas Canada, Mark Feigenbaum a avancé que son organisation fait son possible pour convaincre les gens de voter.

« C’est difficile, particulièrement au Canada, parce que nous ne savons pas où tout le monde vote, a-t-il expliqué. Certaines personnes votent dans des États très importants. Nous espérons évidemment qu’ils voteront pour le bon parti, mais, au minimum, qu’ils fassent entendre leur voix. »

De façon similaire, l’organisation Democrats Abroad tente de convaincre les expatriés américains au Canada d’exercer leur droit de vote et de choisir leur candidat, l’ex-vice-président Joe Biden. Selon sa porte-parole Dianna English, l’enthousiasme pour voter a crû significativement depuis 2016, et en particulier cette année.

« Il y avait une certaine complaisance, aux dernières élections, parce que personne ne croyait aux chances du président Trump », a-t-elle avancé pour justifier le faible taux de participation des électeurs américains au Canada.

Alors que la pandémie de COVID-19 a limité les rassemblements en personne, ces organisations ont oeuvré par voie téléphonique ou postale et ont même planté des affiches électorales sur des terrains. Les ambassades et consulats américains ont aussi joint leurs efforts, en offrant parfois la livraison des bulletins de vote aux États-Unis gratuitement.

Les démocrates au Canada visent particulièrement l’État du Michigan, où M. Trump a triomphé par quelque 11 000 votes en 2016. Le parti estime qu’il y a au moins autant de démocrates du Michigan qui vivent au Canada, surtout dans des villes frontalières comme Windsor, en Ontario, où il a diffusé des publicités dans les médias et sur les autobus.

Le président Trump a critiqué le vote par correspondance en laissant entendre sans preuve qu’il était à risque d’être frauduleux. Il a refusé d’admettre qu’il accepterait le résultat des élections s’il perdait, une décision qui pourrait prendre des semaines ou même des mois après le jour J du 3 novembre.

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