Canadien détenu aux Émirats arabes unis: les accusations de terrorisme retirées

DUBAÏ, Émirats arabes unis – Les procureurs des Émirats arabes unis ont abandonné les accusations de terrorisme dans une affaire impliquant un Canadien originaire de la Libye, Sami Alaradi, et deux Américano-Libyens, les accusant plutôt de l’infraction moins grave d’avoir sollicité illégalement des fonds, a indiqué, jeudi, un avocat de la défense.

Les procureurs les avaient initialement accusés d’avoir financé en connaissance de cause deux groupes de rebelles libyens affiliés aux Frères musulmans, considérés comme une organisation terroriste aux Émirats arabes unis. Les trois hommes ont été arrêtés en août 2014, durant la période où circulaient des informations sur des frappes aériennes dirigées par les Émirats contre des groupes rebelles islamistes en Libye.

Les quatre accusés sont les Américano-Libyens Kamal Eldarat, 59 ans, et son fils Mohammed Eldarat, 34 ans, le Canadien Sami Alaradi, 46 ans, et le Libyen Issa Almanna. Tous sont des résidants de longue date des Émirats arabes unis et des hommes d’affaires ayant bien réussi.

L’avocat Paul Champ, joint par l’Associated Press au Canada, a affirmé que les procureurs les avaient accusés, lundi, d’avoir fourni des biens et des fonds à des organisations sans l’approbation des Émirats arabes unis. S’ils sont reconnus coupables, ils risquent une peine maximale de 15 ans.

Me Champ a affirmé que les accusés reconnaissaient avoir recueilli des fonds pour le Conseil national de transition libyen avec des documents d’approbation du gouvernement des Émirats. Le Conseil de transition a dirigé l’opposition libyenne — soutenue à l’international —, qui luttait contre le leader de longue date Mouammar Kadhafi durant le soulèvement de 2011, avant de gouverner la Libye pendant un certain temps après qu’il eut été tué.

L’avocat a dit croire que les quatre hommes étaient «traités comme des pions politiques selon les intérêts des Émirats arabes unis pour ce qui survient en Libye».

Les quatre hommes ont dit avoir été torturés durant leurs trois premiers mois de détention et forcés à signer des confessions. Me Champ a affirmé que le juge avait autorisé un bref examen médical, et que le médecin avait pris des photos de cicatrices de Sami Alaradi, qui auraient résulté d’agressions avec des tuyaux et d’autres instruments.