Cannabis: Québec fait passer l’âge minimum légal de 18 à 21 ans

QUÉBEC — Les jeunes Québécois de 18 à 21 ans qui consomment actuellement du cannabis en toute légalité seront jugés hors-la-loi, dès que le projet de loi déposé mercredi à l’Assemblée nationale entrera en vigueur.

Le projet de loi numéro 2 défendu par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, vise deux objectifs: hausser de 18 à 21 ans l’âge légal minimum pour acheter et consommer du cannabis, en plus d’interdire la substance controversée dans tous les lieux publics, incluant les parcs et les terrains de jeux.

Le Dr Carmant, un neurologue, a maintes fois affirmé qu’il était préoccupé par les effets du cannabis sur le cerveau encore mal formé des adolescents et des jeunes adultes de moins de 25 ans.

En Chambre, il a illustré son propos en faisant référence à des images de résonnance magnétique d’un «enfant qui a consommé de façon chronique et répétée du cannabis» et qui voit «son cerveau rapetisser au fur et à mesure de sa consommation».

Aux critiques de l’opposition, il a répliqué sur un ton dramatique en parlant d’«un enfant qui arrive à l’urgence en coma» ou encore de «la détresse d’un parent qui voit son enfant devenir psychotique».

Dans ce dossier controversé, de nombreux experts et scientifiques, sauf les psychiatres, sont d’avis que la barre devrait être fixée à 18 ans pour le cannabis, comme on le fait pour l’alcool. Pour des raisons médicales, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a donné son appui au gouvernement, rappelant les risques pour la santé de consommer du cannabis avant l’âge de 21 ans.

Le député libéral porte-parole en santé, André Fortin, a quand même fait valoir que le projet de loi allait contre l’avis des scientifiques et il a demandé au ministre de «revenir à la science, revenir à la logique, revenir au gros bon sens».

Lors d’une mêlée de presse, le premier ministre François Legault a tenu à livrer un message aux jeunes pour leur dire que le cannabis était un produit «dangereux», qui pouvait entraîner «des problèmes graves comme la schizophrénie».

La ligne dure prônée par le gouvernement Legault dans ce dossier ne surprendra cependant personne, étant donné que la Coalition avenir Québec (CAQ) en avait fait un de ses principaux engagements électoraux. La CAQ s’était aussi engagée à agir rapidement. Il s’agit du deuxième projet de loi déposé par le nouveau gouvernement.

Le projet de loi fera l’objet de «courtes consultations» particulières.