Canola: la Chine révoque le permis d’exportation de Richardson

WINNIPEG — L’un des plus importants exportateurs canadiens de canola a confirmé mardi que la Chine avait révoqué son permis d’exportation de produits vers ce pays, alors que les relations entre Pékin et Ottawa sont particulièrement tendues.

La perte du permis d’exportation de Richardson International survient alors qu’Ottawa a décidé de procéder dans la demande d’extradition de Meng Wanzhou, dirigeante du géant chinois de la technologie Huawei.

Le Conseil canadien du canola a déclaré que cette décision de la Chine — la destination d’environ 40 pour cent des exportations canadiennes de canola — nuisait à toute la chaîne des industries impliquées sur le marché.

Heidi Dancho, porte-parole de l’organisation, a affirmé que les défis auxquels les exportateurs sont confrontés en Chine «créent de l’instabilité et augmentent les coûts».

Mais bien que les tensions diplomatiques inquiètent le conseil, il n’y a aucune preuve que les deux enjeux sont liés, selon Mme Dancho.

Toutefois, selon Neil Townsend, analyste principal de marchés chez Farmlink, il existe assurément un lien.

«Il n’y a aucun doute que la Chine est fâchée contre nous», a-t-il soutenu mardi.

Cette décision affecte un secteur vital pour l’Ouest canadien et survient alors que les prix sur le canola ont déjà été affectés par les représailles tarifaires de la Chine contre les exportations agricoles américaines.

L’industrie devrait être inquiète, car si la Chine réduisait ses achats, les prix s’en ressentiraient davantage, a souligné M. Townsend. «La Chine (…) dit, en gros: « Oh, nous n’en achèterons plus ». Alors, il restera encore du canola à la fin de l’année, ce qui nuira aux prix pour le reste de l’année et pour la prochaine récolte et la prochaine année», a-t-il estimé.

L’analyste croit que Richardson a été ciblée, car il s’agit du plus important exportateur entièrement canadien. Plusieurs autres grands exportateurs de produits agricoles sont des filiales de conglomérats internationaux, bien que Parrish, Heimbecker et Paterson Grain appartiennent également à des intérêts canadiens.