Caribou: Ottawa demeure prêt à s’imposer à défaut d’un plan satisfaisant de Québec

VARENNES — La menace d’un décret fédéral plane toujours au-dessus des négociations entre Ottawa et Québec pour en arriver à un plan de protection du caribou forestier.

De passage en Montérégie, lundi, le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a toutefois laissé entendre que les négociations sont sur la bonne voie. «On a eu certains différends avec le gouvernement du Québec, mais au cours des dernières semaines, le gouvernement du Québec est revenu à la table de négociation pour trouver une entente.» 

Steven Guilbeault répète que c’est ce qu’il souhaite depuis le début.

Démarches entamées

Par contre, a-t-il ajouté, l’épée de Damoclès reste en place et le temps presse.

«Il va falloir qu’on fasse ça rapidement parce que parallèlement à un processus de négociation, j’ai entamé les démarches qui m’amèneraient à demander au conseil des ministres à Ottawa de pouvoir émettre un décret.

«Ce n’est pas ce que je veux faire», a-t-il pris soin de préciser, ajoutant que «le décret c’est le plan B. Le plan A, c’est de trouver une entente avec le gouvernement du Québec».

Le décret en question serait émis en vertu des dispositions de la Loi fédérale sur les espèces en péril, qui permet à Ottawa de mettre des mesures en place pour protéger l’habitat du caribou au Québec. 

Ottawa demande à Québec un plan pour assurer la protection de l’habitat, mais n’a pas jugé suffisantes les propositions amenées à la table par le gouvernement Legault jusqu’ici.

Difficile équilibre

Depuis le début de cette partie de bras de fer avec Ottawa, le premier ministre François Legault répète que son intention est de trouver un équilibre entre la protection du caribou et l’exploitation forestière. 

Pour le ministre Guilbeault, toutefois, ce n’est pas le maintien de l’exploitation forestière qui viendra déterminer la manière dont on protégera le grand cervidé. «Ce qui est important, c’est ce que les experts pensent, les scientifiques, que ce soit ceux du gouvernement du Québec, les scientifiques universitaires, les scientifiques du gouvernement fédéral. Et le consensus scientifique, présentement, c’est que ce qui est fait au Québec – je ne dis pas qu’il ne se fait rien – mais ce qui est fait n’est pas suffisant.»

Le caribou de juridiction contestée

Le premier ministre Legault, de son côté, a déjà avancé à quelques reprises qu’il s’agit d’une juridiction provinciale. Au contraire, rétorque Steven Guilbeault, selon qui la question d’espèces en péril est de compétence partagée, comme l’a démontré l’adoption d’un décret fédéral venu protéger l’habitat de la rainette faux-grillon à Longueuil, en novembre dernier.

M. Guilbeault maintient cependant que le fédéral est prêt à soutenir financièrement Québec, comme il l’a fait pour l’Alberta, pour protéger une population de caribous de plus en plus précaire.

L’exploitation forestière est la principale cause dans cette précarité, en raison notamment des chemins forestiers qui favorisent le déplacement des prédateurs naturels du caribou comme l’ours et le loup.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.