Caroline St-Hilaire officiellement présentée comme candidate de la CAQ à Sherbrooke

MONTRÉAL — La bataille pour la circonscription de Sherbrooke, une des rares que la Coalition avenir Québec n’avait pu conquérir en région en 2018, est lancée, à quelques mois du déclenchement officiel des prochaines élections québécoises.

La CAQ et son chef François Legault ont présenté dimanche une candidature vedette, l’ancienne députée bloquiste,mairesse de Longueuilet commentatrice politique Caroline St-Hilaire.

Conscient de l’enjeu, Québec solidaire a tenu dimanche après-midi un rassemblement mettant en vedette la députée sortante Christine Labrie.

«J’ai envie que mon expérience serve à dynamiser Sherbrooke, qu’elle profite aux gens d’ici», a affirmé Mme St-Hilaire en conférence de presse. Elle a souligné son attachement à la région dans laquelle elle a déménagé il y a quatre ans: «C’est ici que j’ai choisi de vivre, j’aime profondément ce coin du Québec».

Elle s’est aussi engagée à être à l’écoute des citoyens et à se battre pour eux. Selon elle, la circonscription gagnerait à siéger «à la table des décisions» dans l’éventualité que le gouvernement de la CAQ soit reconduit. «Pouvez-vous imaginer un instant l’élan que ça donnerait à Sherbrooke?».

Le premier ministre François Legault s’est réjoui de la voir joindre les rangs de sa formation politique, disant que «pour avoir une députée à la hauteur de Sherbrooke, ça nous prenait une candidate exceptionnelle (…) moi, j’ai besoin de Caroline à Québec».

La nouvelle caquiste représente en effet une adversaire de taille. Après avoir été députée du Bloc québécois de 1997 à 2008,  dans la circonscription de Longueuil (rebaptisée Longueuil―Pierre-Boucher, puis Longueuil―Saint-Hubert lors de redécoupages),  elle a été mairesse de Longueuil de 2009 à 2017, avant de faire une pause de la vie politique. Elle est commentatrice politique à LCN depuis quelques années.

Mme Labrie a de son côté remporté le scrutin de 2018 en obtenant 34 % des voix, contre 25 % pour le député libéral sortant, Luc Fortin. Il s’agissait d’une première victoire pour QS dans ce comté, et l’une de ses rares percées à l’extérieur de Montréal. Le candidat caquiste, lui, avait alors récolté 23 % des votes.

«Moi, je pense que les gens de Sherbrooke on vu le travail de Christine Labrie dans les dernières années, ils ont vu qu’est-ce que ça donne d’avoir une députée solidaire et ils en veulent encore», a déclaré aux journalistes le coporte-parole de QS, Gabriel Nadeau Dubois lors du rassemblement organisé par son parti dans la Reine-des-Cantons-de-l’Est. 

La candidate solidaire, elle, ne s’est pas dite intimidée par son adversaire. «Ça ne change rien au bilan de la CAQ (…) leurs candidatures ont peu d’impact à ce stade-ci sur ce qu’ils ont fait dans les quatre dernières années, et surtout ce qu’ils nous proposent aussi pour leur prochain mandat», a-t-elle lancé. 

Les intentions de vote sont serrées entre la CAQ et QSdans le comté. L’agrégateur de sondages Qc125 les place au coude à coude à 33 % et 32 % respectivement. Le Parti libéral est à la traîne à 17 %.

La circonscription de Sherbrooke avait été acquise au premier ministre libéral Jean Charest de 1998 à 2012, jusqu’à ce qu’il se fasse renverser par le péquiste Serge Cardin. Depuis, aucun parti n’a réussi à asseoir son influence pour plus d’un mandat.

Innovation, logements et garderies

En entrevue téléphonique, Mme St-Hilaire a insisté sur l’importance de développer des projets liés à l’innovation et au monde des affaires.

Interrogée sur sa décision de rejoindre la CAQ, elle a expliqué avoir «entendu beaucoup le premier ministre parler de prospérité et de fierté». «Moi, ça me parle, ce genre de discours là, a-t-elle dit, où on les met ensemble plutôt qu’en contradiction (…) défendre notre langue, défendre notre culture, et en même temps travailler pour plus de prospérité.»

Elle a dit vouloir «travailler avec les acteurs du terrain parce qu’il y a des besoins importants», notamment en ce qui touche l’offre de places en garderie et la crise du logement.

En point de presse, Mme Labrie a de son côté cité «l’inflation, la crise du logement, la crise environnementale» et le manque de places en CPE comme enjeux prioritaires. 

«Pendant que François Legault veut faire campagne sur des enjeux comme l’immigration et les signes religieux, nous, c’est sur ces enjeux-là qu’on veut faire campagne, a lancé M. Nadeau Dubois,  parce que c’est ça les problèmes des gens dans la vraie vie, pas des obsessions idéologiques qui divisent les gens.»

Parmi ses réalisations, Mme Labrie a cité «l’obtention du financement pour un centre de crise communautaire en santé mentale», lors d’une entrevue téléphonique. «Nous avons mené des luttes importantes en matière de crise du logement ici, comme le dossier du Faubourg Mena’Sen», soit la vente d’un organisme à but non lucratif de logements abordables pour aînés à une entreprise privée, a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois a déjà dévoilé la candidature à l’investiture d’un ingénieur et professeur: Yves Bérubé-Lauzière. Le Parti libéral et le Parti conservateur n’ont toujours pas annoncé le nom de leur prochain candidat.

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