Catalogne: des milliers de manifestants dénoncent la décision de la Cour suprême

BARCELONE, Espagne — L’escouade antiémeute a chargé les manifestants rassemblés devant l’aéroport de Barcelone, lundi, pour dénoncer la décision de la Cour suprême qui a condamné à l’emprisonnement les dirigeants du mouvement indépendantiste pour leur rôle dans l’organisation du référendum de 2017.

Neuf des douze politiciens et militants indépendantistes catalans jugés ont été condamnés à des peines d’emprisonnement variant de neuf à 13 ans pour sédition. Quatre d’entre eux ont aussi été condamnés pour détournement de fonds publics.

Les policiers ont dégainé leurs bâtons et tiré des projectiles de plastique contre les milliers de manifestants qui ont convergé vers l’aéroport Josep Tarradellas Barcelona-El Prat en réponse à l’appel d’un groupe citoyen nommé «Tsunami démocratique». Ces militants soutiennent le mouvement d’indépendance catalan.

Les manifestants ont répliqué aux policiers en lançant des objets, en pulvérisant de la mousse d’extincteur et en fracassant des vitres au cours du face à face qui s’est étiré jusque dans la nuit.

Au moins 75 personnes ont été blessées, a rapporté le service d’urgence de la Catalogne. La police régionale a indiqué avoir arrêté deux manifestants qui auraient attaqué des policiers.

L’aéroport barcelonais a affirmé qu’au moins 108 vols avaient dû être annulés. D’autres affrontements entre manifestants et policiers ont éclaté au centre-ville de Barcelone tard en soirée.

Les lourdes peines d’emprisonnement imposées aux dirigeants élus du mouvement indépendantiste ont eu un effet catalyseur sur la population catalane qui se rallie derrière la cause.

Le mouvement traverse l’une de ses périodes les plus difficiles alors que ses meneurs les plus charismatiques se trouvent derrière les barreaux ou en exil. La prochaine élection générale en Espagne est prévue le 10 novembre.

Pendant que les deux principaux partis indépendantistes s’opposent au sujet de la stratégie à employer pour parvenir à leurs fins, ce sont les mouvements citoyens qui mènent la lutte et ceux-ci critiquent ouvertement les élus pour l’absence de progrès politique dans le dossier.

De son côté, le premier ministre d’Espagne par intérim, Pedro Sánchez, a dit espérer que l’annonce des peines imposées aux élus indépendantistes de la Catalogne permettrait de tourner la page sur cette confrontation entre le gouvernement central de Madrid et le mouvement indépendantiste catalan.

D’après Pedro Sánchez, le verdict du tribunal démontre que la tentative de sécession de 2017 «a fait naufrage».

Il a exhorté la population à «mettre de côté les positions extrémistes» et à «entreprendre une nouvelle étape» pour la Catalogne.

La réponse des indépendantistes a plutôt été de sortir dans la rue pour démontrer leur mécontentement par la force du nombre.

Le président du Parlement de la Catalogne, Quim Torra, a estimé que les peines imposées par la Cour suprême constituaient «un acte de vengeance» et que cela ne freinerait pas la détermination des indépendantistes.

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