La députée Catherine Fournier juge sévèrement le PQ et claque la porte

QUÉBEC — Une nouvelle tuile s’est abattue sur le Parti québécois (PQ) lundi, avec le départ annoncé de la députée Catherine Fournier, qui claque la porte en ayant des mots très durs envers la formation politique qui lui a permis de se faire élire à deux reprises.

La jeune députée de 26 ans de Marie-Victorin, jusqu’à lundi une des vedettes montantes de l’opposition péquiste, siégera donc désormais comme députée souverainiste indépendante à l’Assemblée nationale.

Selon elle, le PQ, un parti dont l’avenir est derrière lui, n’est plus le véhicule approprié pour mener le Québec vers la souveraineté.

Quant à son avenir personnel, elle dit vouloir plus que jamais promouvoir l’indépendance du Québec, mais ne prône pas pour autant la création d’un nouveau parti.

«C’est confus comme message. Il y a des contradictions», a commenté en entrevue téléphonique le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, qui a accusé le coup avec philosophie.

«Aujourd’hui, elle a assuré son indépendance, mais elle n’a pas fait avancer l’indépendance» du Québec, a poursuivi M. Bérubé, qui n’était pas au courant des intentions de la députée avant son annonce lundi matin, qui, apparemment, a pris tout le monde par surprise au sein du PQ.

«Une sortie ratée», a-t-il résumé, la députée ayant laissé derrière elle plus de questions que de réponses.

2e ou 3e groupe d’opposition?

La défection de Mme Fournier place le PQ dans une position très délicate à l’Assemblée nationale.

Avec son départ, l’opposition péquiste passe de 10 à neuf députés, risquant ainsi de perdre son statut de deuxième groupe d’opposition au profit de Québec solidaire, qui en compte 10.

La question n’est pas banale, puisque le financement et les ressources en personnel accordés à un groupe parlementaire varient selon le statut reconnu à l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte, le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, pourrait devoir trancher en faveur de l’une ou l’autre formation.

Québec solidaire pavoisait déjà, lundi, tenant pour acquis que le groupe parlementaire de gauche allait aussitôt passer du troisième au deuxième rang des partis formant l’opposition.

«Québec solidaire deviendra la deuxième opposition. Les principes du parlementarisme québécois sont clairs: c’est le nombre de députés qui détermine l’ordre des partis», a indiqué avec assurance Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire et député de Gouin.

Pas si vite, a répliqué Pascal Bérubé, bien au fait des détails des règles parlementaires. Il rappelle que la position des partis tient compte de deux facteurs: le nombre de sièges et le pourcentage de votes lors du scrutin. Or, QS a obtenu 16 pour cent du vote, contre 17 pour cent pour le PQ.

«Ca ne changera pas. Les règles sont très claires», selon M. Bérubé.

L’entente entre les partis et l’Assemblée nationale conclue le 28 novembre stipule que le Parti québécois formera le deuxième groupe d’opposition «pour la durée de la 42e législature».

«Même si des députés quittent, ça demeure. Ça, c’est la règle», dit cet ancien leader parlementaire.

N’empêche, Québec solidaire a déjà approché le secrétaire général de l’Asssemblée nationale pour «statuer sur les modifications à apporter quant à l’utilisation des ressources parlementaires», a indiqué M. Nadeau-Dubois dans un communiqué.

Ce dernier, de même que l’autre porte-parole, Manon Massé, ont refusé les demandes d’entrevue.

Défaites et querelles

Lasse des querelles intestines et des défaites en série essuyées par le PQ, Mme Fournier a jugé sévèrement en point de presse son ancienne formation politique.  

«À force de perdre, le Parti québécois est devenu perdant. Du même coup, il a aussi perdu beaucoup de sa pertinence», selon la députée, qui n’a pas dit par quel «véhicule» il fallait remplacer le PQ.

Elle reproche au mouvement souverainiste d’être fragmenté et lance un appel au rassemblement des troupes.

Car le mouvement a désormais besoin d’un «véritable électrochoc», a fait valoir la députée, qui veut entamer une réflexion sur l’accession à la souveraineté.

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Pas brillant. En cette heure sombre, elle aurait dû souffler sur la braise… La victoire est faite de multiples défaites.

Pas brillant. En cette heure sombre, elle aurait dû souffler sur la braise. La victoire est faite de multiples défaites, non de découragement.

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