Caucus libéral de la rentrée parlementaire: beaucoup de pain sur la planche

QUÉBEC — Les libéraux de Philippe Couillard se réunissent en caucus mercredi et jeudi à Québec pour préparer leur rentrée parlementaire, une rentrée qui s’annonce pour eux particulièrement importante alors que les plus récents sondages révèlent un taux d’insatisfaction élevé de la population envers le gouvernement, laissant présager un fort désir de changement lors des prochaines élections.

La prochaine session constitue donc la dernière chance pour les libéraux de corriger le tir et de regagner la faveur populaire avant l’échéance électorale du 1er octobre.

La session parlementaire s’étirera du 6 février au 15 juin, ce qui laisse bien peu de temps au gouvernement, moins de quatre mois si on retranche les quatre semaines de relâche, pour mener à bien son programme législatif, rendre publiques les politiques promises et donner suite aux divers plans d’action déjà annoncés.

En parallèle de l’activité parlementaire, qui promet d’être fébrile, députés et ministres devront réfléchir à leur avenir politique et décider avant longtemps s’ils seront candidats ou non, dans le contexte où la réélection des libéraux ne paraît pas acquise.

Dans l’intervalle, il y aura beaucoup de pain sur la planche pour les libéraux et la prochaine session risque de ressembler à une course contre la montre.

Un des dossiers qui retiendra l’attention au cours des prochains mois sera certainement l’étude du projet de loi 157 de la ministre Lucie Charlebois, qui vise à encadrer l’usage du cannabis, une substance légale à compter de juillet prochain.

L’étude détaillée du futur Code de la sécurité routière, inscrit dans le projet de loi 165 piloté par le ministre des Transports, André Fortin, devrait aussi occuper les élus durant de longues heures.

Ce sera le cas aussi de la révision à la baisse des taxes scolaires, prévue dans le projet de loi 166 du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, qui sera fort occupé jusqu’à l’été.

En décembre, le premier ministre Philippe Couillard s’est engagé à rendre obligatoire l’éducation sexuelle à l’école, de la première année du primaire à la dernière du secondaire, et ce, dès la rentrée de septembre. Le ministre Sébastien Proulx devra donc prendre les bouchées doubles à court terme pour faire en sorte que les outils pédagogiques soient prêts à temps et que les enseignants aient reçu la formation requise.

Le ministre Proulx devra en parallèle donner suite à la nouvelle stratégie destinée aux enfants de 0 à 8 ans, axée notamment sur l’identification précoce des troubles d’apprentissage et le déploiement des maternelles 4 ans en milieu défavorisé.

Tout ce qui peut faciliter la vie des parents de jeunes enfants — un thème qui risque de devenir un enjeu électoral — retiendra l’attention du gouvernement dans les prochains mois. Par exemple, on s’attend à ce que la ministre du Travail, Dominique Vien, légifère en faveur d’une augmentation du nombre de jours de congés statutaires offerts aux parents, un objectif cher au premier ministre Couillard.

En mars, le ministre des Finances, Carlos Leitao, présentera son dernier budget, qui devrait comporter un allégement du fardeau fiscal des petites et moyennes entreprises et sûrement prévoir également quelques «bonbons» aux contribuables qui sont aussi des électeurs.

En santé, le ministre Gaétan Barrette en aura plein les bras avec divers dossiers, dont l’éternel objectif de réduction du temps d’attente aux urgences, l’accès généralisé à un médecin de famille, l’ouverture des 50 supercliniques promises durant le présent mandat (on n’en compte que 22 alors que le mandat achève) ou la rémunération des médecins. La délicate question de l’aide médicale à mourir refera surface, alors qu’un comité d’experts doit se prononcer en mars sur l’opportunité d’ouvrir le débat en vue d’étendre l’accès à ce service.

Fort controversée, la loi 62 sur l’obligation de présenter un visage découvert pour donner ou recevoir un service de l’État est désormais en vigueur, mais le débat identitaire est loin d’être clos. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, devra avant la fin du printemps définir les lignes directrices devant aider les organismes gouvernementaux à décider sur quelles bases ils accepteront ou non les demandes d’accommodement. En attendant, la Cour supérieure a suspendu temporairement l’application du coeur de la loi, soit l’article portant sur le visage découvert.

Les élus devront aussi poursuivre leur étude du projet de loi 107 du ministre Martin Coiteux, qui vise à donner plus de pouvoirs et d’indépendance à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Une fronde de l’opposition est à prévoir sur le processus de nomination du commissaire.

Pendant ce temps, le suspense suit son cours quant à savoir à quel moment va aboutir l’enquête Mâchurer menée par l’UPAC sur le financement passé du Parti libéral du Québec (PLQ).

Même constat au sujet du député libéral de Chomedey, Guy Ouellet, arrêté par l’UPAC en octobre, sans savoir s’il fera ou non l’objet d’accusations alors que l’échéance électorale approche.

Dans un tout autre ordre d’idées, la ministre de la Culture, Marie Montpetit, devrait rendre publique cet hiver la nouvelle et très attendue politique culturelle du Québec, un document qui n’avait pas été mis à jour depuis 1992.  

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, doit préciser quant à elle de quelle façon et à quel rythme elle entend déployer sa nouvelle stratégie numérique.

Chaque nouvelle campagne électorale ramène à l’avant-plan le défi pour les partis de recruter des femmes. En mars, un comité parlementaire qui étudie la question depuis deux ans doit se prononcer sur les moyens à privilégier pour accroître le nombre de femmes en politique active. Comme les autres partis, le PLQ devra donc se prononcer sur le sujet à temps pour la prochaine campagne électorale.      

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