Justin Trudeau se joint aux manifestants s’opposant au régime iranien

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau est descendu dans la rue pour participer à l’une des nombreuses manifestations de solidarité envers le peuple iranien qui se sont déroulées samedi à l’appel de l’Association des familles des victimes du vol PS752.

Même si M. Trudeau a vanté les nouvelles sanctions imposées par le gouvernement contre le régime iranien, des manifestants ont réclamé des mesures encore plus sévères.

Des rangées de manifestants ont pris part aux chaînes humaines organisées dans 10 villes canadiennes, dont Montréal, Ottawa et Toronto.

Les organisateurs ont déclaré que les manifestations étaient un signe de solidarité envers le peuple iranien qui proteste contre le régime de leur pays à la suite de la mort de Mahsa Amini alors qu’elle était détenue par la police des mœurs iranienne en septembre, pour avoir prétendument contrevenu au strict code vestimentaire islamique pour les femmes.

À Ottawa, des centaines de manifestants ont tapé du pied à l’unisson en scandant le nom d’Amini à l’extérieur du Musée des beaux-arts du Canada.

Le premier ministre, sa femme Sophie Grégoire-Trudeau et plusieurs élus libéraux ont été chaudement applaudis à leur arrivée. Certains manifestants ont toutefois scandé des slogans pressant le Canada à agir contre le régime iranien.

M. Trudeau a dit que son gouvernement avait imposé des sanctions sans précédent contre le régime. Plusieurs personnalités iraniennes ne peuvent pas entrer au pays.

«Nous savons qu’il y a des gens au Canada qui ont bénéficié de ce régime horrible et corrompu et qui se cachent au sein de cette belle communauté, a lancé le premier ministre. Ils profitent des libertés canadiennes, des occasions canadiennes. Ils utilisent les richesses qu’ils ont volées pour bien s’établir au Canada. On n’en dira pas plus.»

La foule a réagi à cette déclaration avec des cris d’enthousiasme et en scandant: «Expulsez-les».

M. Trudeau a promis que le gouvernement s’assurera que le Canada ne devienne jamais un sanctuaire pour «les assassins, les meurtriers et les responsables de l’oppression» dont sont victimes les Iraniens.

Après son discours, il a pris la tête de la marche qui a mené les manifestants jusqu’au pont Alexandra qui relie Ottawa à Gatineau.

Les manifestants se sont tenus par l’épaule tout au long du pont d’une longueur d’un demi-kilomètre. Tous scandaient, y compris M. Trudeau: «Justice en Iran» et «Arrêtez les tueries en Iran».

Le gouvernement canadien a sanctionné le régime iranien, nommément 48 ressortissants et 16 entités «en rapport avec des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne, l’atteinte grave et continue à la paix et à la sécurité internationales, et les activités continues de désinformation parrainées par l’État commises par l’Iran». L’ensemble des membres des quelque 10 000 Gardiens de la Révolution ne peuvent plus entrer au Canada, non plus.

Mais pour Amirali Alavi, un des organisateurs de la manifestation à Toronto, ces mesures ne vont pas assez loin. Il souhaite l’expulsion de l’ambassadeur iranien.

«Nous sommes ici pour demander à notre gouvernement et au Canada de se placer du bon côté de l’histoire, a-t-il déclaré. Il faut cesser de négocier avec le régime en place en Iran pendant que les gens se battent dans les rues.»

À Toronto, les manifestants ont bordé des tronçons de la rue Younge en scandant: «femmes, vie, liberté» et «dites son nom: Mahsa Amini», cette femme qui est morte après avoir été détenue par la police des mœurs iranienne en septembre, pour avoir prétendument contrevenu le strict code vestimentaire islamique pour les femmes. Des automobilistes ont appuyé les manifestants en klaxonnant aux diverses intersections.

Plusieurs manifestants ont brandi des photos d’êtres chers qui faisaient partie des 176 personnes tuées le 8 janvier 2020 lorsque les Gardiens de la révolution iraniens ont abattu un avion de ligne ukrainien.

Arash Morattab, qui a perdu son frère et sa belle-sœur dans la tragédie aérienne, a affirmé que les familles des victimes du vol 752 partagent la cause du mouvement de protestation qui frappe l’Iran depuis plus d’un mois.

«Nous sommes tous les victimes d’un régime qui a commencé à tuer des gens dès son installation et qui continue à le faire, a-t-elle souligné. Le régime a tué nos êtres chers en janvier 2020. Aujourd’hui, ils tuent d’autres gens qui se battent pour leurs droits.»

Sara Ahmadi, dont le conjoint de fait a été tué, affirme que la lutte pour la justice est particulièrement sensible pour toutes les femmes iraniennes qui continuent de se voir refuser la liberté. Elle-même dit qu’elle a éprouvé des problèmes avec le régime parce qu’elle n’était pas légalement mariée à son conjoint.

«Les femmes n’ont aucun droit dans mon pays. Ce n’est pas seulement au sujet du hijab, c’est au sujet de tout.»

Depuis le début du mouvement de protestation qui a balayé 125 villes iraniennes, au moins 270 personnes ont été tuées. Les forces de l’ordre ont fait 14 000 arrestations, selon le groupe Human Rights Activists.

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