Changement de garde chez Ciment Mcinnis; le grand patron quitte

MONTRÉAL – Quelques semaines après la mise au jour des dépassements de coûts à la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, Ciment McInnis a annoncé mardi le départ de son grand patron, Christian Gagon, en plus de remanier sa direction.

Sans entrer dans les détails, l’entreprise affirme dans un communiqué qu’il s’agit d’une volonté du conseil d’administration de «renforcer la gestion du projet de cimenterie en cours».

«Ces changements constituent une première étape importante d’un plan pour assurer le succès de ce projet», ajoute Ciment McInnis, qui n’a pas voulu accorder d’entrevue.

Déjà, un processus de recrutement international est en cours afin dénicher le successeur de M. Gagnon. Aucun échéancier n’a toutefois été fourni.

Entre-temps, la gestion de l’entreprise sera assurée par un comité de direction formé de trois personnes, dont les nominations suggèrent que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) — un des actionnaires du projet de cimenterie — pourrait jouer un rôle plus important.

Nommé vice-président directeur, ingénierie, construction et opérations, Ronald Bougie a auparavant dirigé le chantier diamantifère Renard de Stornoway, situé dans la région de la Baie-James, un projet dans lequel la Caisse a investi et qui a été terminé avant l’échéancier et sous les budgets prévus.

Pour sa part, Marc Baillargeon agira comme conseiller en gestion pour la CDPQ. Le comité est complété par le chef de l’exploitation, Louis Laporte.

À la fin du mois de juin, il avait été révélé que le coût du projet allait atteindre 1,5 milliard $, soit entre 400 millions $ et 450 millions $ de plus, ce qui avait provoqué l’ire de la ministre de l’Économie, Dominique Anglade.

Ciment McInnis avait répliqué en affirmant que les hausses n’étaient pas aussi prononcées, sans toutefois entrer dans les détails.

Le projet de cimenterie est appuyé par 450 millions $ de fonds publics provenant d’Investissement Québec (IQ) — le bras financier du gouvernement du Québec — ainsi que de la CDPQ.

«Le projet demeure tout à fait rentable, viable et est très bien positionné par rapport à la demande du marché américain», a affirmé le directeur principal des relations avec les médias de la Caisse, Maxime Chagnon.

La cimenterie pourrait émettre 1,76 million de tonnes de gaz à effet de serre si elle atteint sa production maximale de 2,2 millions de tonnes de ciment par année principalement destinées au marché nord-américain.