Changements climatiques: les Canadiens doivent agir maintenant, dit un rapport

Les changements climatiques ont déjà un impact important — et les gouvernements canadiens ont un besoin urgent de recueillir et de publier des données concernant la sécurité de leurs citoyens face aux inondations, aux incendies et aux autres dangers, prévient un groupe consultatif fédéral.

Dans un rapport publié mardi, le groupe d’experts affirme que les informations de base telles que le pourcentage de Canadiens pauvres vivant dans des régions à haut risque ou la préparation des infrastructures face aux changements de températures et de précipitations sont inconstantes ou simplement non compilées.

Les panélistes affirment que 54 indicateurs clés devraient être mis en place par les gouvernements.

«Il est essentiel que les Canadiens agissent dès maintenant pour s’adapter et renforcer leur résilience aux changements climatiques, indique le rapport du groupe. Les répercussions des changements climatiques sur l’ensemble du pays présentent des risques importants pour la santé, la sécurité et le bien-être des Canadiens.»

Louise Comeau, une chercheuse associée à la Faculté de gestion environnementale de l’Université du Nouveau-Brunswick, affirme que les données permettront aux vérificateurs généraux et aux autres évaluateurs de surveiller la préparation du Canada, en particulier dans les régions où les Canadiens pauvres et autochtones font face à des risques croissants.

«La seule façon pour le gouvernement national de faire son travail est que chaque province s’engage à suivre ces indicateurs, a déclaré Mme Comeau, qui est membre du groupe consultatif. Cela peut sembler ennuyeux, mais (…) cela finit par être une évaluation quant à savoir si les gouvernements rehaussent la sécurité de leurs citoyens et leurs communautés face aux risques connus de changement climatique et aux risques émergents de changement climatique.»

«C’est exactement le genre de détail que les vérificateurs généraux utilisent.»

L’étude intitulée «Mesurer les progrès en matière d’adaptation et de résilience climatique» consacre une partie de son attention aux régions nordiques, éloignées et côtières plus vulnérables.

On compte parmi les aspects que les experts veulent examiner le pourcentage de personnes — y compris les peuples autochtones — dont l’accès à la terre, y compris les aliments traditionnels et les modes de vie, est affecté par la modification des lignes côtières et la hausse des précipitations.

Le comité d’experts appelle également à des mesures de la capacité du pays à se remettre des catastrophes climatiques.

Il suggère que les gouvernements commencent à compiler des données quant à savoir si les communautés disposent de règlements de reconstruction qui prennent en compte les changements climatiques après une catastrophe, un processus appelé «mieux reconstruire».

Une autre recommandation suggère que les villes et les provinces révèlent si les codes du bâtiment et les normes dans leur région ont été mis à jour pour refléter les risques climatiques.

Le comité présidé par Blair Feltmate de l’Université de Waterloo regroupait 22 représentants du milieu universitaire, du secteur privé, des gouvernements et des peuples autochtones choisis pour soumettre un rapport à la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna.

«Il met l’accent sur un système de mesure où nous pouvons commencer à calculer ou documenter les impacts négatifs associés aux changements climatiques et aux phénomènes météorologiques extrêmes qui vont au-delà des preuves cavalières ou anecdotiques», a déclaré M. Feltmate en entrevue.

L’étude fait partie des initiatives libérales découlant du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques qui, en décembre 2016, établissait un plan national pour réduire les émissions de carbone et «renforcer la résilience» face aux effets des changements climatiques.

Le rapport comprend également un chapitre qui conseille Ottawa sur la façon de mettre en place un programme de surveillance national pour suivre l’état de préparation du pays, et suggère au gouvernement fédéral de s’appuyer sur les conseils des experts.

Le panel cite des données fédérales sur les changements déjà en cours.

Les températures moyennes au Canada ont progressé de 1,5 degré Celsius entre 1950 et 2010, avec des hausses plus élevées dans le Nord; les précipitations moyennes ont augmenté; et «les fortes précipitations et les précipitations extrêmes devraient devenir plus fréquentes».

Selon le rapport, on a également observé une fonte accélérée des glaciers dans l’ouest du Canada et dans l’Arctique, ainsi que celle de la glace de mer arctique.

L’étude suggère que davantage d’incendies de forêt et d’inondations sont à l’horizon; l’évacuation de 90 000 personnes de Fort McMurray, en Alberta, en 2016, est citée comme un exemple récent.

«Une série d’indicateurs est nécessaire pour refléter les complexités et les incertitudes inhérentes aux impacts des changements climatiques et à l’adaptation», explique le rapport.