Chaque budget doit tenir compte des besoins des Autochtones, dit une conseillère

OTTAWA – Le budget du gouvernement libéral fédéral, qui comprend 8,4 milliards $ sur cinq ans pour répondre aux enjeux concernant les Premières Nations, ne devrait pas être perçu comme un «premier pas» dans la refonte des relations avec les Autochtones, a affirmé la seule membre autochtone du conseil consultatif économique du ministre des Finances, Bill Morneau.

Carol Anne Hilton, chef de la direction et entrepreneure récemment désignée pour conseiller le gouvernement, a dit croire que chaque budget fédéral devait être l’occasion de forger la prise de conscience et la compréhension des priorités des Premières Nations.

Mme Hilton a affirmé que le Canada aurait tout intérêt à dépenser moins d’argent pour combattre les Premières Nations devant les tribunaux et plus pour respecter ses obligations et ses engagements. Elle a fait valoir que le budget fédéral dévoilé la semaine dernière représentait un moment opportun pour se pencher sur les récentes conclusions du Tribunal canadien des droits de la personne sur le sous-financement des services de soins à l’enfance sur les réserves.

Le pays traîne dans ses obligations pour répondre aux besoins criants dans des secteurs tels que l’éducation, la santé et l’accès à l’eau potable dans les localités de Premières Nations, a ajouté Mme Hilton.

Le Tribunal canadien des droits de la personne a donné raison aux Premières Nations à la fin janvier, et le gouvernement fédéral a décidé de ne pas porter le jugement en appel.

La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a affirmé que le gouvernement fédéral était déterminé à revoir le système d’aide à l’enfance, soulignant que l’engagement de 635 millions $ envers les services à l’enfance et à la famille au cours des cinq prochaines années était significatif.

«Chacun des budgets représente une occasion pour les Canadiens de prendre conscience de la relation avec les membres des Premières Nations, pas seulement en fonction des besoins, mais aussi de la reconnaissance», a dit Mme Hilton.

La militante des droits de l’enfance au sein des Premières Nations Cindy Blackstock a affirmé que le financement fédéral prévu dans le plan financier remis la semaine dernière — spécifiquement 71 millions $ dans la première année — ne respectait pas les obligations émises devant les tribunaux.

Un investissement d’environ 200 millions $ serait nécessaire, pour la seule année courante, pour combler les manques dans les soins à l’enfance, a dit croire Mme Blackstock.

En tant que présidente de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Mme Blackstock a passé près de dix ans à combattre le gouvernement fédéral, au côté de l’Assemblée des Premières Nations, en déplorant un sous-financement chronique des services de soins à l’enfance sur les réserves.