Charlottesville va retirer la statue du général Robert E. Lee ce week-end

RICHMOND, Va. — La statue du général confédéré Robert E. Lee à Charlottesville, devenue un lieu symbolique pour les suprémacistes blancs, sera déboulonnée et remisée ce week-end ont annoncé les autorités locales vendredi.

Cette même statue avait également inspiré les organisateurs de l’infâme rassemblement de groupes suprémacistes en 2017, lors duquel une contre-manifestante antiraciste avait perdu la vie dans une attaque à la voiture-bélier.

En plus de la statue du général Lee, un autre monument en hommage aux confédérés sera aussi retiré samedi, près de quatre ans après les tristes événements entourant le rassemblement «Unite the Right (Unissons la droite)».

Une coalition d’activistes a publié un communiqué, vendredi, pour célébrer l’annonce des autorités locales. En raison de litiges et de modifications apportées aux lois de l’État de Virginie concernant la gestion des monuments de guerre, la Ville de Charlottesville n’a pas pu procéder plus tôt au retrait des statues.

Tant que ces statues «restent érigées dans nos espaces publics, elles rappellent que notre communauté a toléré la suprématie blanche et la cause perdue que défendaient ces généraux», a commenté cette coalition nommée «Take ‘Em Down Cville (Déboulonne-les, Charlottesville)».

Les préparations étaient en cours, vendredi, dans les environs des parcs où se trouvent les monuments. Des clôtures doivent notamment être érigées, mais des lieux d’observation seront aménagés pour permettre au public d’assister au retrait des statues.

Pour le moment, seules les statues du général Lee et du général Thomas «Stonewall» Jackson seront remisées. Les socles de pierre vont demeurer en place temporairement avant d’être retirés à leur tour.

Les statues sont érigées dans des lieux incontournables de la petite municipalité pittoresque située au pied des montagnes Blue Ridge. Charlottesville est également connue comme la ville de l’Université de Virginie. D’ailleurs, les monuments en hommage aux confédérés avaient été commandés par un diplômé de l’université et installés dans les années 1920 quand le régime de Jim Crow dépouillait les citoyens noirs de leurs droits.

Le conseil municipal de Charlottesville a voté le retrait des monuments en février 2017 en raison de la pression populaire et d’une pétition lancée par une étudiante noire, Zyahna Bryant, qui était encore à l’école secondaire à l’époque.

Une demande d’injonction judiciaire a rapidement eu pour effet de bloquer l’initiative de la Ville et les groupes suprémacistes se sont emparés de l’affaire.

D’abord certains se sont rassemblés avec des torches autour des statues. Puis, un petit groupe d’adeptes racistes du Ku Klux Klan s’est réuni avant de se retrouver largement dépassé par la présence de très nombreux contre-manifestants pacifistes.

Finalement, l’escalade de tension a mené au tristement célèbre rassemblement suprémaciste mentionné précédemment.

Parallèlement, Charlottesville a mené sa bataille devant les tribunaux pour pouvoir retirer les monuments, sans succès. Ce n’est qu’après l’arrivée des démocrates au pouvoir en Virginie, en 2019, que la loi sur la protection des monuments a pu être modifiée. Depuis 2020, de nombreux gouvernements locaux à travers l’État ont entrepris de remiser des statues ayant trôné pendant plus d’un siècle.

De son côté, Charlottesville a continué de se battre en justice et le plus haut tribunal de l’État lui a finalement donné raison en avril dernier.

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