Chasse à l’orignal : les Anishinabeg tentent de dénouer l’impasse avec Québec

LAC-SIMON, Qc — LAC-SIMON-Les représentants des Anishinabeg (Algonquins) dans le dossier de la gestion de l’orignal dans la Réserve faunique La Vérendrye ont envoyé une nouvelle proposition au gouvernement québécois, pour tenter de dénouer l’impasse. Sans en dévoiler la teneur, les négociateurs algonquins ont dit vouloir collaborer avec les différents ministères, mais sans faire de concessions sur certains enjeux.

«Une chose est certaine, nous allons tout faire pour que les droits de la nation Anishinabe soient respectés, a déclaré l’un des négociateurs, Lucien Wabanonik. Nous sommes prêts à collaborer avec les ministères pour qu’on ait un portrait clair de la situation de l’orignal dans la Réserve faunique La Vérendrye, nous sommes prêts à collaborer aussi avec des chercheurs universitaires s’ils veulent se joindre aux recherches.»

Pas de recensement depuis 25 ans

Lucien Wabanonik, qui est aussi membre du conseil de Lac-Simon, près de Val-d’Or, ajoute que les parties ne sont pas d’accord sur la présence des orignaux dans la Réserve faunique La Vérendrye et les environs. «Le ministre l’a dit, ça fait 25 ans qu’il n’y a pas eu d’études sur la situation de l’orignal dans la réserve faunique, affirme-t-il. Il parle des deux côtés de la bouche actuellement. Nous, on est sur le terrain, on la voit, la situation. C’est pour cela qu’on demande un moratoire.»

Les négociateurs anishinabeg attendent pour le moment une réponse du ministre Ian Lafrenière quant à leur proposition. Ils vont déposer leurs recommandations aux chefs des différentes communautés dans les prochains jours. La proposition comporte des objectifs à court et moyen terme, mais aussi des pistes à long terme. 

Un autre moratoire

S’ils entendent faire preuve d’ouverture dans leurs négociations, les Algonquins durcissent cependant le ton quand il est question des coupes forestières dans la Réserve faunique La Vérendrye. «On s’attend à pas mal de résistance de la part du ministère des Ressources naturelles, estime Lucien Wabanonik. On demande aussi un moratoire sur les coupes forestières. Ce sont deux dossiers qui sont interreliés, puisqu’il est question ici de la protection de l’habitat des orignaux. Si l’habitat est menacé, le cheptel d’orignaux l’est aussi. Sans ce moratoire, oubliez la biodiversité, oubliez la qualité de l’eau. Ces coupes forestières n’ont pas un impact négatif que sur les orignaux. L’humain aussi est impacté par ces coupes.»

Du côté du ministre Lafrenière, on refuse de commenter la situation, disant ne pas vouloir négocier sur la place publique. «Les discussions demeurent actives et le processus de négociation se poursuit avec la nation algonquine, a indiqué l’attaché de presse du ministre Lafrenière, Mathieu Durocher. Nous allons prendre le temps d’analyser la proposition déposée. Nous sommes toujours engagés à trouver une solution négociée, durable et mutuellement acceptable.»

Plusieurs membres de la nation algonquine avaient érigé des points de contrôle à divers endroits dans la Réserve faunique La Vérendrye l’automne dernier, pendant la saison de la chasse. Le tout avait créé de vives tensions entre chasseurs autochtones et allochtones, nécessitant à quelques reprises l’intervention de la Sûreté du Québec. Début octobre, les dirigeants de la ZEC Petawaga, située dans le sud de la réserve, avaient réclamé et obtenu une injonction de la Cour réclamant la levée des points de contrôle des Algonquins sur le chemin Lépine-Clova.  

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J’ai honte de voir le gouvernement négocier avec le lac rapide sans consulter les travailleurs de la réserve la vérendrye.jai été directement impliqué durant ces conflits.et ce n’est que pure mensonge.des autochtones au barrage proposait d’aller abattre des orignaux pour les chasseurs,il abattait des orignaux sur la route pendant le conflit.jai des photos.quil consulte les gens en général.

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