Chrystia Freeland déposera son Énoncé économique de l’automne le 3 novembre

OTTAWA — La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, fera le point sur les finances publiques et l’état de l’économie canadienne le 3 novembre, alors qu’on s’attend à ce qu’Ottawa envisage de faire face à un ralentissement imminent.

Dans cet «énoncé économique de l’automne», qui sera déposé aux Communes jeudi, le gouvernement fédéral partagera aussi ses perspectives pour une économie confrontée à une inflation galopante — et peut-être même à une récession dans les prochains mois.

La ministre Freeland a souligné ces dernières semaines que le gouvernement libéral se concentrait sur la rigueur budgétaire, afin de ne pas alimenter davantage l’inflation qui a affecté le coût de la vie, y compris les factures d’épicerie.

Le taux d’inflation annuel du Canada a un peu ralenti en septembre, pour se fixer à 6,9 %, grâce notamment à une baisse des prix de l’essence, mais le coût des produits d’épicerie a continué d’augmenter.

Randall Bartlett, directeur principal de l’économie canadienne chez Desjardins, s’attend à ce que le gouvernement respecte son engagement en matière de rigueur budgétaire, compte tenu du climat économique actuel.

«Je ne crois pas que le gouvernement fédéral veuille lutter contre la Banque du Canada en mettant en place des mesures qui augmenteront l’inflation», a estimé M. Bartlett vendredi.

La Banque du Canada lutte contre une inflation jamais vue depuis des décennies avec des hausses musclées des taux d’intérêt depuis mars. La banque centrale a encore relevé ses taux d’intérêt cette semaine, pour la sixième fois cette année: la hausse d’un demi-point porte son taux directeur à 3,75 %.

Dans son dernier rapport sur la politique monétaire, la Banque du Canada a révisé ses perspectives économiques, qui tiennent désormais compte d’un important ralentissement. 

La banque centrale s’attend maintenant à ce que la croissance économique stagne d’ici la fin de cette année et au cours des deux premiers trimestres de 2023, avec une croissance comprise entre zéro et 0,5 %, avant de gagner du terrain au second semestre de l’année prochaine. La banque centrale ajoute toutefois qu’une légère contraction est tout aussi possible.

«Le temps est à la prudence budgétaire» 

Robert Asselin, premier vice-président du Conseil canadien des affaires, affirme que la rigueur budgétaire est particulièrement importante alors que le Canada fait face à une inflation élevée, à des taux d’intérêt en hausse et à une faible croissance économique.

«L’accent devrait maintenant être mis sur la prudence budgétaire pour s’assurer que la banque centrale puisse ramener l’inflation dans sa fourchette cible», a estimé M. Asselin.

Desjardins prévoit que le déficit fédéral atteindra environ 20 milliards $ à la fin de l’exercice, mais M. Bartlett précise que cette estimation n’inclut aucune dépense qui pourrait être annoncée dans l’énoncé économique de l’automne.

Des mises à jour mensuelles du ministère des Finances ont montré que les finances publiques fédérales s’étaient améliorées, à mesure que les recettes fiscales ont augmenté et que les dépenses budgétaires liées à la pandémie ont diminué.

Au cours des cinq premiers mois de l’exercice 2022-2023, le gouvernement fédéral a affiché un excédent de 3,9 milliards $, comparativement à un déficit de 57,2 milliards $ enregistré pour la même période l’an dernier.

Selon M. Bartlett, les finances fédérales se sont améliorées plus que prévu en raison de la pénurie de main-d’œuvre au Canada, qui fait grimper les salaires, mais aussi à cause des profits élevés engrangés par les entreprises et de l’inflation, qui font grimper les recettes fiscales.

Dans le budget du printemps dernier, le gouvernement libéral voulait essentiellement aider les Canadiens aux prises avec une inflation galopante et donner un coup de fouet à la productivité canadienne.

On s’attend aussi à ce que l’énoncé économique de la semaine prochaine précise comment le gouvernement canadien a l’intention de réagir à la Loi sur la réduction de l’inflation aux États-Unis, afin de rester concurrentiel lorsqu’il s’agit d’attirer des investissements dans le secteur des «énergies vertes».

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