CHSLD Herron et IUGM: le rapport d’enquête de trois ordres professionnels est déposé

MONTRÉAL — L’enquête conjointe réalisée par trois ordres professionnels sur les hécatombes survenues il y a un an au Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Herron et à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) jette davantage le blâme sur les exploitants du CHSLD Herron que sur ses employés.  

Les conclusions sont différentes dans les observations sur ce qui s’est passé à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Ces deux établissements de soins de longue durée de l’île de Montréal, qui ont été parmi les premiers à connaître des éclosions majeures de COVID-19, ont déploré de nombreux décès sur une courte période durant la première vague de la pandémie. 

Au CHSLD Herron, 47 résidants ont perdu la vie entre 12 mars et le 1er mai.  

Le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) écrivent mardi qu’ils ont relevé plusieurs éléments structurels et organisationnels qui ont influencé la qualité des soins et qui ont empêché les professionnels d’offrir des soins selon les normes en vigueur.   

Leur enquête n’a pas permis de mettre en évidence des manquements apparents de la part des membres des ordres concernés quant à leurs responsabilités professionnelles ou en matière de compétences.   

Au CHSLD Herron, situé à Dorval, l’enquête a mis en lumière une organisation déficiente du travail et une méconnaissance du domaine des soins de santé chez ses gestionnaires.   

Le rapport signale que l’analyse des pratiques cliniques et de gestion avant la pandémie permettait de croire au développement d’une catastrophe annoncée à cet établissement.  

Le comité d’enquête émet une foule de recommandations, notamment: un programme annuel d’inspection professionnelle, la présence obligatoire d’une directrice des soins infirmiers en CHSLD privé non conventionné et de personnel formé, expérimenté et en nombre suffisant, de même qu’une formation de préposé aux bénéficiaires en CHSLD obligatoire.

À l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, les soins dispensés ont été adéquats en dépit de l’augmentation importante de leur intensité, selon les enquêteurs. Les équipes étaient composées de professionnels expérimentés et soutenues par du personnel d’encadrement compétent, malgré les circonstances exceptionnelles et les difficultés rencontrées.  

Les présidents des trois ordres professionnels qui ont fait enquête ont transmis ensemble le rapport et ses 31 recommandations au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, à la présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Lynne McVey, et à la présidente-directrice générale de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, Sonia Bélanger.   

Les ministres Dubé et Blais ont déjà fait savoir, mardi, qu’ils entendaient donner suite aux recommandations du rapport.

Pour sa part, la coroner Géhane Kamel doit entreprendre en septembre des audiences publiques sur les décès survenus au CHSLD Herron.

Laisser un commentaire