Churchill: Ottawa menace de poursuivre le propriétaire d’un chemin de fer brisé

WINNIPEG — Le gouvernement fédéral menace de poursuivre le propriétaire du chemin de fer brisé qui force les résidants de Churchill, dans le nord du Manitoba, à se passer de leur seul lien terrestre vers le reste du monde.

Dans une lettre, Transport Canada affirme qu’Omnitrax, dont le siège social est situé à Denver, dispose de 30 jours pour réparer la voie ferrée de la baie d’Hudson, sans quoi Ottawa déposera une poursuite.

Le gouvernement indique qu’Omnitrax, à qui il a vendu le chemin de fer en 1997, a l’obligation légale de réparer et de maintenir les rails.

La liaison ferroviaire a été lourdement endommagée lors des dernières inondations printanières et Omnitrax a déclaré ne pas pouvoir se permettre de payer des réparations estimées à 43 millions $.

Omnitrax a répondu à Ottawa en expliquant que le chemin de fer n’est plus économiquement viable, principalement en raison des décisions du gouvernement fédéral, notamment la fin du monopole de la Commission canadienne du blé, qui expédiait le blé et l’orge de l’Ouest par l’entremise de la voie ferrée jusqu’au port de Churchill.

Durant des mois, les biens et les personnes ont dû être transportés en avion vers la communauté subarctique à un coût beaucoup plus élevé qu’en train.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré en juillet que le gouvernement était prêt à se servir de tous les moyens à sa disposition pour forcer Omnitrax à réparer le chemin de fer.