Cinq choses à savoir sur la grève au CN

OTTAWA — Quelque 3200 travailleurs à la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada sont en grève depuis maintenant une semaine complète. L’arrêt de travail a provoqué un tollé dans le secteur agricole, qui demande à Ottawa de mettre fin à l’impasse.

Voici cinq choses à savoir sur l’industrie du transport ferroviaire de marchandises au Canada, sur le rôle du CN dans ce secteur et sur les raisons de la grève.

1) L’industrie s’étend d’un bout à l’autre du pays, mais a également une portée internationale

Au Canada, le réseau ferroviaire compte 41 465 kilomètres-route de voies, desservant toutes les provinces et tous les territoires. La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, appelée Canadien National (CN), possède 52,8 pour cent de la voie ferrée, le deuxième plus grand propriétaire étant le Canadien Pacifique (CP) avec 30,7 pour cent. Les autres compagnies ferroviaires possèdent le reste. Les sociétés ferroviaires transportent des marchandises au Canada même, mais les voies ferrées sont aussi utilisées pour acheminer la plupart des produits canadiens vers les marchés étrangers, puisqu’ils sont d’abord acheminés par train vers les ports du pays.

2) Presque tout est transporté par train

En 2018, le système a transporté plus de 331,7 millions de tonnes de fret. Le charbon et les marchandises en conteneurs constituaient les deux catégories les plus importantes, suivies de près par les céréales. Selon une analyse du secteur effectuée par le gouvernement fédéral, les autres produits importants sont les produits forestiers, les produits chimiques, le pétrole (autre que le pétrole brut) et la potasse. Bien que le transport ferroviaire ne représente en soi que 0,5 pour cent environ du PIB du Canada, l’histoire suggère que les conflits de travail peuvent avoir un effet plus important. Dans une analyse publiée la semaine dernière, la Banque Toronto-Dominion a souligné qu’une interruption de travail de neuf jours chez CP en 2012 avait entraîné une baisse de 6,8 pour cent dans ce secteur au cours de ce mois, un impact que Statistique Canada a noté dans son analyse mensuelle. L’examen de la Banque TD a laissé entendre que si la perturbation se poursuit, elle pourrait retirer jusqu’à 3,1 milliards $ de l’économie.

3) Les effets domino de la grève se font déjà sentir

Le CN estime qu’en raison de la grève, il fonctionne à environ 10 pour cent de sa capacité. Un petit nombre de dirigeants sont qualifiés pour faire le travail des grévistes, mais ils ne peuvent garder qu’une fraction des trains en mouvement. Le Québec et les provinces maritimes ont mis en garde contre une pénurie de propane si la grève se poursuit. Les producteurs de grains ne peuvent pas acheminer leurs marchandises vers les marchés internationaux. La plus grande mine de potasse au Canada a annoncé cette semaine son intention de fermer temporairement et de mettre à pied 550 employés en raison de la grève. Des mises à pied à court terme au terminal automobile du CN à Halifax ont également été annoncées. Les fabricants de produits chimiques ont indiqué qu’ils arrêteraient bientôt la production, car ils ne peuvent pas stocker plus de quelques jours de produits en attendant que les trains fonctionnent à nouveau.

4) Les grévistes demandent plusieurs améliorations à leurs conditions de travail

Les grévistes sont représentés par Teamsters Canada. Les employés sont sans contrat de travail depuis juillet. Ils s’inquiètent des dispositions relatives à la sécurité, à la fatigue, aux congés et aux limites des prestations d’assurance-médicaments. Un exemple fourni par le syndicat des conditions dangereuses est que ses membres exploitent parfois des trains en mouvement seuls à partir de locomotives extérieures, s’accrochant d’une main pour manipuler une télécommande de l’autre. Le CN conteste le fait que l’entreprise met les travailleurs en danger.

5) Le conflit pourrait avoir différents dénouements

Le CN veut que les Teamsters acceptent l’arbitrage contraignant d’une tierce partie indépendante choisie conjointement par les deux parties, ou du gouvernement. Le syndicat dit qu’il veut toujours négocier et note que les agents de médiation et de conciliation fédéraux continuent d’aider. Les groupes d’agriculteurs et certains politiciens veulent que le gouvernement libéral légifère sur le retour au travail des employés, mais les libéraux disent jusqu’à présent qu’ils veulent respecter le processus de négociation.

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