Cinq membres des clercs de St-Viateur sont arrêtés pour sévices sexuels

Cinq membres de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur ont été traînés devant la justice mardi, après avoir été appréhendés tôt le matin à la maison de retraite de l’ordre religieux à Joliette, afin de faire face à une kyrielle d’accusations pour des gestes à caractère sexuel posés envers des jeunes garçons.

Les accusations criminelles portées contre ces cinq suspects s’ajoutent à une action collective intentée par quelque 270 présumées victimes contre les Clercs de Saint-Viateur, reconnus pour leur implication dans le milieu de l’éducation.

Ainsi, les gestes qui leur sont reprochés auraient été posés entre 1961 et 1989 dans des établissements d’enseignement, en l’occurrence le Collège Bourget à Rigaud, ainsi que dans des établissements du Bas-Saint-Laurent à Matane et Pohénégamook et un autre établissement à La Minerve, près de Mont-Tremblant dans les Laurentides.

Les cinq hommes arrêtés sont Jean Pilon, âgé de 78 ans, Gérard Whissell, 81 ans, Laurent Madore, 83 ans, Raoul Jomphe, 86 ans, et Roger Larue, 88 ans. Ils font face à une trentaine d’accusations touchant 15 présumées victimes, des accusations notamment de grossière indécence, d’agression sexuelle et d’attentat à la pudeur. Certaines de ces accusations n’existent plus dans le Code criminel depuis que celui-ci a été amendé en matière d’infractions à caractère sexuel, mais elles sont tout de même portées en raison du moment où les gestes auraient été posés.

Leur comparution a eu lieu par voie téléphonique en fin d’après-midi et les cinq hommes ont été libérés par la suite sous certaines conditions.

La demande d’action collective, quant à elle, a été accueillie par la Cour supérieure il y a un an, le 25 avril 2019. Le cabinet d’avocats Arsenault, Dufresne, Wee, qui pilote cette action contre les Clercs de Saint-Viateur au nom des quelques 270 présumées victimes inscrites, a publié un communiqué pour signifier qu’il respecte «le choix de certaines victimes de porter plainte au criminel contre leurs agresseurs». Il ajoute que «chaque victime a le droit de trouver sa propre voie pour guérir des abus sexuels subis dans son enfance».

Le recours collectif vise principalement des actes qui se seraient produits au Collège Bourget de Rigaud, mais aussi dans au moins une vingtaine d’autres établissements.

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