La circulation de transit sur le mont Royal sera interdite jusqu’au 31 octobre

MONTRÉAL — Promettant une montagne plus verte et plus accessible aux citoyens, la Ville de Montréal a annoncé, samedi, le lancement d’un controversé projet pilote d’une durée de cinq mois durant lequel la circulation de transit sera interdite sur le mont Royal.

La municipalité a bloqué un tronçon de 550 mètres de la voie Camilien-Houde, route panoramique qui traverse la montagne, jusqu’au 31 octobre dans le cadre d’un projet pilote visant à améliorer la sécurité et à encourager les modes de transport actifs sur le mont Royal.

Samedi matin, des policiers en poste près du sommet redirigeaient les voitures arrivées par le côté est de la montagne vers un stationnement voisin.

Les piétons, les cyclistes, les autobus et les véhicules d’urgence auront le droit de traverser le mont Royal, mais les véhicules particuliers qui graviront le mont d’un côté ou de l’autre seront redirigés vers l’un des stationnements situés près du sommet.

En conférence de presse, la conseillère municipale responsable du transport actif, Marianne Giguère, a déclaré que, si cette décision ne plaisait pas à tout le monde, la Ville était convaincue que d’accorder la priorité aux cyclistes, aux piétons et au transport en commun serait bénéfique à long terme.

Elle a reconnu que la municipalité demandait aux gens de changer leurs habitudes et que cela ne serait pas facile ni particulièrement agréable, mais a soutenu que ce changement était la bonne chose à faire pour mettre en valeur ce trésor naturel et culturel qu’est le mont Royal.

Selon Mme Giguère, Montréal investira environ un million de dollars dans ce projet, qui comprend des infrastructures temporaires pour rediriger la circulation et une programmation estivale avec de nouvelles aires de repos, un nouveau café et une foule d’activités, dont des concerts de musique et des projections de films.

À l’origine de cette fermeture partielle de la voie Camilien-Houde se trouve la mort de Clément Ouimet, un cycliste âgé de 18 ans qui a été happé mortellement l’automne dernier par un véhicule effectuant un virage illégal.

Certains Montréalais se sont toutefois opposés à ce projet, disant que cela les empêcherait d’avoir accès à la montagne ou de visiter ses cimetières.

Les détracteurs de la fermeture partielle ont fait valoir qu’elle compliquerait la vie des personnes âgées et des familles avec jeunes enfants souhaitant se rendre sur le mont Royal et ont remis en question la pertinence de bloquer une rue populaire dans une ville qui est déjà aux prises avec de nombreux chantiers routiers et problèmes de circulation.

Samedi, Marianne Giguère a rappelé qu’il s’agissait d’un projet pilote et que les citoyens seraient invités à donner leur opinion par le biais de sondages en ligne et de consultations publiques.

Elle a toutefois admis que la Ville souhaite que le projet fonctionne et préférait trouver des solutions pour l’améliorer plutôt que d’y renoncer complètement.

«Nous ne le cachons pas, nous voulons vraiment que ce projet devienne permanent», a conclu Mme Giguère.