Citoyen américain et canadien, Scheer assure que ce n’est pas un secret

ETOBICOKE, Ont. — Andrew Scheer a tenté vendredi matin d’expliquer pourquoi sa citoyenneté américaine, à laquelle il veut renoncer depuis le mois d’août, n’était pas connue du public.

Le chef conservateur a été bombardé de questions sur le sujet à son apparition quotidienne devant les journalistes.

M. Scheer croit que tout le monde savait que son père était américain et que, donc, devait savoir que lui aussi possédait cette citoyenneté.

Son argument n’a pas répondu aux très nombreuses questions des journalistes sur le sujet.

«Je n’ai jamais voté aux États-Unis», a-t-il été obligé de dire. «Je n’ai jamais renouvelé (mon passeport) comme adulte», a-t-il assuré, incapable de se rappeler quand le document a expiré.

A-t-il soumis des déclarations de revenus aux autorités américaines? «J’ai seulement gagné des salaires au Canada, alors j’ai soumis ces déclarations de revenus», a-t-il répondu, sans spécifier si des déclarations ont été acheminées aux États-Unis comme le veut la loi américaine. Un porte-parole de son parti, Rudy Husny, a spécifié plus tard que «oui», ça avait été fait.

Il n’a pas pu dire s’il s’est inscrit aux États-Unis sur les listes de conscriptions, une obligation imposée à tout Américain lorsqu’il atteint ses 18 ans. Là encore, M. Husny est venu à la rescousse et a assuré que son chef s’est aussi soumis à cette obligation.

Pourquoi n’a-t-il rien dit lorsque son parti s’acharnait contre la double citoyenneté (canadienne et française) de Stéphane Dion alors chef du Parti libéral? «Je ne dirigeais pas le parti à ce moment-là, a-t-il rappelé. Et avoir une double citoyenneté ici au Canada, ce n’est rien de grave.»

M. Scheer n’a pas répondu directement lorsqu’on lui a demandé s’il a révélé sa double citoyenneté lorsqu’il est devenu chef de l’opposition officielle, en 2017, et donc membre du Conseil privé.

«J’ai toujours suivi toutes les règles d’un député et des différents postes que j’ai occupés au sein du Parlement», a-t-il offert. M. Scheer a également été président de la Chambre des communes de 2011 à 2015.

Le bureau du Conseil privé a confirmé, vendredi après-midi, que pour devenir membre du Conseil privé, on n’est pas tenu d’être citoyen canadien ni de divulguer sa double citoyenneté le cas échéant.

Comme le chef conservateur fait campagne en claironnant que son rival libéral n’est pas digne de confiance, il lui a fallu aussi se justifier sur ce front.

«C’est au contraste de Justin Trudeau qui a fait des promesses en 2015 qu’il a brisées. Il a regardé tous les Canadiens dans les yeux pendant l’affaire SNC-Lavalin, il a menti. (…) C’est clair que sur la question de confiance pour les Canadiens, les Canadiens ne peuvent pas avoir confiance en Justin Trudeau», a-t-il déclaré.

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