Classer les Gardiens de la révolution comme «terroristes», réclament certains

OTTAWA — Des organisations irano-canadiennes et B’Nai Brith Canada ont demandé encore une fois à Ottawa d’inscrire les Gardiens de la révolution islamique d’Iran dans la liste des «entités terroristes», après l’écrasement, la semaine dernière, d’un avion de ligne ukrainien près de Téhéran.

Ce n’est pas la première fois que ces organisations demandent une telle mesure, mais les porte-parole ont soutenu lundi matin que si Ottawa comblait cette «lacune juridique», les proches des victimes canadiennes de l’écrasement pourraient intenter des poursuites contre l’Iran.

Le vol 752 du transporteur Ukraine International a été abattu par un missile iranien mercredi, quelques instants après son décollage de Téhéran. Les 176 personnes à bord, dont 57 Canadiens, ont péri dans l’écrasement; Ottawa affirme que 138 victimes se dirigeaient vers le Canada. Le premier ministre Justin Trudeau a parlé d’une «tragédie canadienne».

David Matas, l’avocat principal de l’organisme juif B’Nai Brith Canada, a déclaré lundi en conférence de presse à Ottawa que l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des «organisations terroristes» éliminerait un obstacle juridique et permettrait aux victimes canadiennes de poursuivre le gouvernement iranien en vertu de la Loi visant à décourager les actes de terrorisme contre le Canada et les Canadiens.

Le Conseil des Canadiens iraniens et la campagne «Justice 88» ont également fait écho à cet appel. Ils estiment que cette mesure témoignerait du soutien symbolique du Canada aux manifestants iraniens qui ont bravé les autorités en prenant la rue, en fin de semaine à Téhéran, pour protester contre le régime et dénoncer son rôle dans l’écrasement d’avion. Des dizaines d’Iraniens ont perdu la vie dans cette tragédie.