Clause grand-père dans le projet de loi sur la laïcité: Legault tranchera

GATINEAU, Qc — C’est François Legault qui décidera s’il faudra respecter ou non le droit acquis des employés de l’État à qui on demandera d’enlever leur signe religieux.

Le premier ministre a fait savoir mercredi qu’il aura le dernier mot dans ce débat épineux après avoir consulté son caucus.

Les 75 élus de la Coalition avenir Québec (CAQ) sont justement réunis à Gatineau mercredi et jeudi pour discuter notamment du futur projet de loi sur la laïcité, qui interdira aux employés de l’État en position d’autorité de porter un signe religieux, soit les policiers, procureurs, gardiens de prison, mais aussi les enseignants et éducatrices en garderie.

Or le gouvernement n’a pas encore décidé s’il protégera les droits acquis des employés actuels avec une clause grand-père.

«Je vais écouter le caucus et je vais trancher», a fait savoir M. Legault en conférence de presse mercredi matin.

En mêlée de presse, certains élus ont indiqué qu’ils étaient plutôt contre l’ajout d’une clause grand-père, mais la plupart d’entre eux refusaient d’exprimer leur opinion.

«Il faut faire très attention avec ça, une clause grand-père, cela implique plein d’éléments», a dit le ministre de la Faune, Pierre Dufour.

Il faut opter pour le «bien général» de la population et éviter les exceptions, même si des jeunes devront peut-être renoncer à leur rêve de carrière, a laissé entendre la députée d’Iberville, Claire Samson.

«Dites-vous que chaque fois qu’on fait une loi, il y a un rêve quelque part qui est brisé», a-t-elle dit.

Il y a des bons arguments pour et contre, a évoqué M. Legault, qui veut savoir ce que pense la population en consultant ses élus.

«Je comprends que certaines personnes sont racistes et veulent interdire tous les signes religieux au Québec, ce n’est pas le cas, a dit M. Legault en anglais. On a choisi un compromis qui est beaucoup plus facile que ce qu’on voit en France.»

Le premier ministre s’est targué d’être ouvert aux partis d’opposition, nommément le Parti québécois, qui propose de respecter le droit acquis et de convoquer une rencontre de tous les chefs de parti pour discuter de laïcité.

Il a du même souffle pu suggérer qu’il pourrait pencher pour la reconnaissance d’un droit acquis, si le projet de loi peut ainsi faire l’objet d’un consensus et être accepté plus facilement.  

«Si on est au moins deux partis à défendre les mêmes positions, ça peut aider. (…) A priori, congédier quelqu’un (qui refuserait d’enlever son signe religieux), ce n’est pas avec plaisir que je ferais ça. Par contre, veut-on créer des sortes de clauses orphelin avec des droits selon la date d’embauche?» 

Le premier ministre a toutefois rappelé qu’il n’y a rien de tranché pour l’instant, mais que le verdict tombera dans les prochaines semaines.

Également réunis en caucus, à Québec, les députés de Québec solidaire (QS) ont dit prôner le «compromis» de la commission Bouchard-Taylor, qui consiste à interdire le port de signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité: policiers, procureurs, juges et gardiens de prison.

Inutile, selon eux, d’avoir recours à la clause grand-père pour protéger les droits acquis de ces employés, puisque aucun d’entre eux ne porterait de signes religieux.

Par ailleurs, Québec solidaire n’appliquerait pas la loi sur la laïcité aux enseignants.

«Il ne faut pas qu’il y ait du monde qui perde leur emploi, ça n’a pas de bon sens, a déclaré la chef parlementaire de QS, Manon Massé. La meilleure façon d’y arriver, c’est de ne même pas aller jusqu’à imposer aux enseignantes un statut d’autorité égal à la coercition que Bouchard-Taylor nous a invités à considérer.»

Plusieurs députés solidaires ont affirmé mercredi que l’enjeu n’est pas une priorité pour leurs commettants.

Les membres de QS seront appelés à se prononcer sur la position du parti sur la laïcité lors d’un conseil national en mars. 

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« « Il faut opter pour le «bien général» de la population et éviter les exceptions, même si des jeunes devront peut-être renoncer à leur rêve de carrière, a laissé entendre la députée d’Iberville, Claire Samson. » »
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Renoncer à un « rêve » ? Quoi !
Ce n’est pas ça, « l’affaire », là.
Le « bien général », madame Samson, ne serait-ce pas que les enfants aient des profs pour leur enseigner, plutôt qu’on les en prive parce que certaines ont quelque chose sur la tête ?
On dirait qu’il y en a qui seraient tombé.e.s d’sus. ‘Trouvez pas?

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