Climat: GM soutient la volonté de Biden de favoriser les véhicules électriques

DÉTROIT — General Motors ne soutiendra plus l’administration Trump dans les procédures judiciaires visant à mettre fin au droit de la Californie de fixer ses propres normes d’émissions de gaz à effet de serre, plus élevées que celles établies par le gouvernement fédéral.

La chef de la direction de GM, Mary Barra, a déclaré lundi dans une lettre aux groupes environnementaux que le constructeur automobile se retirerait de la poursuite, et a exhorté les autres constructeurs à faire de même.

Elle a expliqué que l’entreprise était d’accord avec le plan du président élu Joe Biden visant à favoriser l’utilisation des véhicules électriques. La semaine dernière, GM avait annoncé être en train de tester une technologie de batterie qui permettrait de ramener les coûts des véhicules électriques à ceux des véhicules à essence d’ici cinq ans.

Mme Barra a envoyé la lettre après une conversation lundi matin avec Mary Nichols, chef de l’agence qui régule la pollution atmosphérique en Californie, a indiqué GM.

«Nous pensons que les objectifs d’électrification ambitieux du président élu, de la Californie et de General Motors sont alignés pour lutter contre le changement climatique en réduisant considérablement les émissions des automobiles», affirme Mme Barra dans la lettre.

Mme Nichols a estimé que l’annonce de GM était une bonne nouvelle. «J’étais ravie d’être à nouveau en communication avec Mary Barra», a-t-elle dit. «Cela faisait un moment que nous n’avions pas parlé.»

Dan Becker, du Centre pour la diversité biologique, l’un des groupes environnementaux auxquels Mme Barra a écrit, a affirmé que GM avait eu tort de vouloir empêcher la Californie de protéger sa population contre la pollution causée par les automobiles.

«Maintenant, les autres constructeurs automobiles doivent suivre GM et retirer leur soutien à l’attaque (du président Donald) Trump contre les voitures propres», a-t-il écrit dans un courriel.

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement réagi à l’annonce de GM lundi.

Le nouveau chef de cabinet de Joe Biden, Ron Klain, a écrit sur Twitter qu’il était heureux de voir que le leadership du président élu «encourage déjà les progrès».

L’année dernière, General Motors, Fiat Chrysler, Toyota et 10 autres constructeurs automobiles s’étaient rangés du côté de l’administration Trump dans une poursuite visant à déterminer si la Californie avait le droit de fixer ses propres normes en matière d’émissions de gaz à effet de serre et d’économie de carburant.

Les entreprises avaient annoncé leur intention d’intervenir dans un procès intenté par le Fonds de défense de l’environnement contre l’administration Trump, qui a annulé les normes nationales de pollution et de consommation d’essence adoptées alors que Barack Obama était président.

Le groupe comprenait également Nissan, Hyundai, Kia, Subaru, Isuzu, Suzuki, Maserati, McLaren, Aston-Martin et Ferrari.

«Notre industrie étant confrontée à la possibilité de normes multiples, chevauchantes et incohérentes qui augmentent les coûts et pénalisent les consommateurs, nous avions l’obligation d’intervenir», avait affirmé à l’époque le porte-parole de la coalition, John Bozzella.

Toyota pourrait emboîter le pas

Toyota, l’un des grands constructeurs de la coalition favorable aux normes réduites de l’administration Trump, a indiqué lundi qu’il reconsidérerait sa position.

Dans un communiqué, la société a expliqué qu’elle soutenait des améliorations d’année en année des normes d’économie de carburant et qu’elle avait rejoint la coalition parce que la plupart des autres constructeurs automobiles avaient convenu qu’il devrait y avoir une seule norme américaine.

«Compte tenu de l’évolution des circonstances, nous évaluons la situation, mais restons attachés à notre objectif d’un ensemble cohérent et unitaire de normes d’économie de carburant applicables dans les 50 États», a affirmé Toyota.

Cinq autres entreprises — BMW, Ford, Volkswagen, Volvo et Honda — soutenaient la Californie et approuvaient ses normes plus strictes que celles proposées par l’administration Trump.

Mais la position de la coalition n’était pas simple. Par exemple, bien qu’elle se soit opposée à la Californie, elle souhaitait toujours que le président Trump et l’État parviennent à un compromis sur une réglementation nationale.

De nombreux constructeurs automobiles ont déclaré dans le passé qu’ils soutenaient l’augmentation des normes, mais pas autant que celles annoncées dans les derniers jours de l’administration Obama en 2016.

Les constructeurs automobiles affirment que parce que les acheteurs optent de plus en plus pour des camions et des véhicules utilitaires sport plus gros, de nombreuses entreprises ne seraient pas en mesure de respecter des normes trop strictes.

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