Climat: il est important que les jeunes exigent plus d’action, dit Mme McKenna

MONTRÉAL — Questionnée sur l’action collective déposée au nom des jeunes Québécois contre Ottawa, condamnant sa passivité dans la lutte contre les changements climatiques, la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, juge important que les jeunes «se tiennent debout» pour le climat et exigent encore plus d’action.

Elle n’a toutefois pas indiqué si son gouvernement allait contester la demande d’autorisation de cette action, déposée en novembre dernier.

C’est au ministre de la Justice de prendre cette décision, dit-elle. Or, David Lametti, le nouveau ministre, n’est en poste que depuis une dizaine de jours.

Cette action est intentée au nom de tous les jeunes Québécois de 35 ans et moins, parce qu’ils subiront les conséquences des changements climatiques plus que leurs aînés, disent-ils. Dans la procédure, il est allégué que le gouvernement canadien brime les droits fondamentaux de toute une génération.

Si l’action est autorisée à aller de l’avant, des dommages punitifs de 100 $ par jeune Québécois seraient réclamés du gouvernement canadien — des sommes qui serviront à mettre en place une mesure réparatrice pour tenter de freiner le réchauffement climatique. Mais le but de la poursuite est aussi d’obtenir une déclaration à l’effet que le gouvernement a adopté des cibles de réduction de gaz à effet de serre qui sont dangereuses et qu’il a omis de prendre les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré.

Mme McKenna souligne de son côté que son gouvernement a pris de nombreuses mesures pour lutter contre le réchauffement de la planète et réduire la pollution.

On travaille très fort, insiste-t-elle, mais «il y a toujours des gens qui veulent qu’on en fasse plus».

En entrevue avec La Presse canadienne, mercredi, à Montréal, elle a cité plusieurs initiatives de son gouvernement, dont celle visant à réduire la pollution par les matières plastiques, l’élimination graduelle du charbon et la cinquantaine de mesures créées pour contrer le réchauffement de la planète.

«Mais, il y a plus à faire, convient-elle. On veut accélérer les solutions, les technologies propres et renouvelables, et s’assurer que le marché fonctionne bien, que les investissements se font.»

Elle affirme discuter avec l’environnementaliste Steven Guilbault pour voir ce qui peut être accompli. Le cofondateur de l’organisme Équiterre copréside le conseil consultatif en matière de lutte contre les changements climatiques, mis sur pied par le fédéral.

Et cette action intentée par des jeunes ne semble pas irriter la ministre.

«Moi je pense que c’est important que les jeunes se tiennent debout pour l’action sur le climat. (…) C’est le futur pour les jeunes, ils doivent pousser, pour dire: vous devez faire plus, c’est notre futur.»

D’ailleurs, les jeunes soutiennent la décision du gouvernement canadien d’imposer un «prix sur la pollution», affirme-t-elle, faisant référence au litige intenté par l’Ontario contre Ottawa, au sujet de son plan de tarification du carbone.

Elle évite toutefois de dire si elle est en accord avec les demandes formulées dans la procédure d’action collective. Questionnée à ce sujet, elle réitère qu’il est important que les jeunes disent au gouvernement qu’il «doit en faire plus».

«Car de l’autre côté, nous avons des politiciens conservateurs qui veulent en faire de moins en moins — ou qui ne veulent rien faire du tout: Maxime Bernier a dit cela», souligne la ministre McKenna. M. Bernier, un ancien ministre conservateur, est maintenant chef du Parti populaire du Canada qu’il a fondé. Il a récemment déclaré au réseau télévisé CTV que si son parti était élu, il laisserait la lutte contre les changements climatiques entre les mains des provinces.

Leur position la laisse perplexe.

«Nous sommes devant une situation sérieuse: nous avons vu le rapport des Nations unies qui dit que nous avons 12 ans pour prendre des mesures sérieuses ou nous aurons des événements climatiques encore plus extrêmes.

«Et ce sont les jeunes qui vivront tout cela.»