Climat: Pompeo refuse de signer une déclaration commune du Conseil de l’Arctique

MONTRÉAL — L’administration de Donald Trump a empêché le Conseil de l’Arctique, dont font partie les États-Unis, de publier une déclaration unanime qui reconnaissait notamment les changements climatiques.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a d’ailleurs refusé de prononcer les mots «changements climatiques» lors de la réunion ministérielle des huit pays circumpolaires, mardi en Finlande, notamment lors d’une rencontre avec son homologue canadienne, Chrystia Freeland.

L’opposition américaine à la lutte contre les changements climatiques n’a cependant pas été totale, car l’administration Trump a estimé que la fonte des glaces de l’Arctique ouvrait d’intéressantes possibilités économiques. M. Pompeo a évoqué l’ouverture prochaine de nouvelles voies navigables et de routes commerciales par le pôle Nord, réduisant ainsi le temps de trajet des navires entre l’Europe et l’Asie. Il voit déjà le passage du Nord-Ouest devenir «le canal de Suez ou le canal de Panama du 21e siècle».

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Timo Soini, président depuis deux ans du Conseil de l’Arctique, a expliqué qu’aucune déclaration commune n’avait été possible, car les États-Unis n’acceptaient pas le libellé sur les changements climatiques.

Mme Freeland n’a pas pour autant hésité à parler des changements climatiques, mais elle a aussi tenté de trouver un terrain d’entente avec la Maison-Blanche sur la souveraineté du passage du Nord-Ouest.

«En fait, alors que nous observons que les conditions du passage du Nord-Ouest changent avec le climat changeant, je pense que cela justifie en fait une collaboration plus étroite avec les États-Unis», a-t-elle déclaré. «Les conditions météorologiques imprévisibles causées par le changement climatique» sont à l’origine de menaces pour la sécurité et de problèmes de navigation, a ajouté Mme Freeland.

Dans un discours prononcé lundi à cette tribune, M. Pompeo avait qualifié d’«illégitime» la revendication du Canada sur le passage du Nord-Ouest. Pourtant, l’Accord sur la coopération dans l’Arctique, conclu par Ottawa et Washington en 1988, prévoit que les États-Unis désignent le passage du Nord-Ouest comme une «voie navigable internationale», alors que le Canada le revendique comme territoire souverain.

Les États-Unis sont plus préoccupés par la Russie et la Chine dans l’Arctique que par la propriété du passage du Nord-Ouest, a toutefois admis M. Pompeo devant ses homologues du Canada, du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège, de la Russie et de la Suède.

Les plus populaires