André Boisclair arrêté pour conduite avec facultés affaiblies et intimidation

QUÉBEC — L’ancien chef du Parti québécois (PQ) André Boisclair a été arrêté dans la nuit de jeudi à Québec pour conduite avec les facultés affaiblies. Il a ensuite été libéré sous promesse de comparaître.

À la suite de certaines informations ayant circulé dans les médias, M. Boisclair a écrit sur sa page Facebook, jeudi soir, que celles-ci étaient «fondées», confirmant avoir été arrêté pour avoir conduit son véhicule alors que ses facultés «étaient affaiblies par l’alcool».

L’ancien chef du PQ a ajouté qu’il devait tenter de «réparer les conséquences» de la nuit passée, alors que sa vie «allait bien dans toutes ses facettes».

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait confirmé plus tôt qu’un homme de 51 ans avait été arrêté vers 00h35 sur la rue Saint-Joseph à Québec.

Les policiers se sont rendus sur les lieux à la suite d’une collision impliquant le véhicule du suspect, qui avait heurté un lampadaire.

Arrivé au poste de police, le suspect a refusé de souffler dans l’appareil d’alcootest. Il aurait également fait de l’intimidation envers les policiers lors de l’intervention.

Un agent de communication du SPVQ, Étienne Doyon, a indiqué qu’une enquête policière était toujours en cours.

«Selon les informations que nous possédons pour l’instant, les infractions qui sont reprochées au suspect sont: conduite d’un véhicule moteur avec les capacités affaiblies, refus de fournir un échantillon d’haleine, intimidation d’une personne associée au système judiciaire et entrave à la justice», a-t-il fait savoir par communiqué. 

André Boisclair, qui a eu 51 ans en avril, est sorti du poste de police du parc Victoria jeudi matin le teint pâle et vêtu d’un manteau noir avec le col remonté, l’air fatigué. Il a évité les journalistes avant de s’engouffrer dans un véhicule en se cachant le visage. 

M. Boisclair a dirigé le PQ de novembre 2005 à mai 2007; il a été chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

Il a avoué en 2005, pendant la course à la chefferie du PQ, avoir consommé de la cocaïne à quelques reprises alors qu’il était ministre.

Il a aussi agi, dans sa carrière, à titre de délégué général du Québec à New York en 2012-2013.

Une porte-parole de l’Institut de développement urbain du Québec, qui est présidé par M. Boisclair, n’a pas voulu faire de commentaire jeudi. 

Députés déçus

À l’Assemblée nationale jeudi, les députés du PQ se sont dits attristés par la nouvelle. La députée Agnès Maltais a dit que M. Boisclair était un ami, mais que «l’alcool au volant, c’est criminel, point final».

«Que se passe-t-il dans sa vie ces temps-ci, je n’en sais rien, a ajouté le député Maka Kotto. Je suis déçu de ce qui lui arrive parce que c’est un être agréable, de commerce, et c’est un malheur qui s’abat sur quelqu’un, voyez-vous.

«Je ne le lis pas comme un ex-politicien ou un ex-chef du Parti québécois, je le lis comme un être humain. C’est un malheur qui s’abat sur quelqu’un et ça peut arriver à n’importe qui», a-t-il dit. 

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire (QS), a laissé entendre qu’il était déçu du comportement d’André Boisclair.

«C’est sûr qu’on s’attendrait à mieux de la part de quelqu’un qui a passé par l’Assemblée nationale, mais bon, a-t-il dit. On a un système de justice, on a des lois qui vont s’occuper de tout cela.»

S’il a conduit ivre, l’ancien chef péquiste a manqué de jugement, comme tous les autres chauffards, a ajouté le député Éric Caire, de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Aujourd’hui en 2017, conduire sa voiture en état d’ébriété, c’est manquer de jugement, ça c’est clair», a-t-il affirmé.

Les députés libéraux ont tous refusé de commenter le dossier.