Comment reconnaître l’inconduite sexuelle de la part d’un professionnel?

MONTRÉAL — Victime d’agression sexuelle de la part d’un professionnel? Il est désormais plus facile de connaître les recours grâce à des capsules vidéo explicatives mises en ligne par l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ).

Celles-ci expliquent de façon simple et imagée ce qu’est l’inconduite sexuelle, comment la reconnaître et les étapes pour porter plainte, s’il y a lieu.

«Dans les dernières années il y a eu plusieurs cas médiatisés d’inconduites sexuelles», indique Joanie Heppell, présidente de l’Ordre des sexologues du Québec, en entrevue à La Presse Canadienne.

Cet enjeu, dit-elle, est au centre des préoccupations de la pratique des sexologues. Elle soupçonne que bien des cas de harcèlement ou d’agressions sexuelles ne sont tout simplement pas rapportés. Depuis 2015, une vingtaine de plaintes par année ont été portées à son attention.

Le nouveau site mis en ligne lundi permet d’outiller le public tout en déboulonnant «les mythes concernant les inconduites sexuelles et les contextes dans lesquels elles sont commises».

Outre les capsules web pour informer le public, on y retrouve de la formation en ligne destinée aux professionnels. Trois vidéos d’une quinzaine de minutes les amènent à se poser les bonnes questions pour ne pas enfreindre les règles.

Certaines situations dans la vie d’un professionnel, telles qu’un divorce, une situation financière difficile, peuvent l’amener à être plus vulnérable et à baisser la garde jusqu’à glisser vers une inconduite, d’où l’importance de la formation à titre de rappel, explique Mme Heppell.

Est-il possible de vérifier les antécédents d’un professionnel, psychologue, médecin ou physiothérapeute par exemple, avant une première rencontre? C’est possible, confirme Mme Heppell, en se rapportant au site internet de l’Ordre. Cette information est publique et peut se trouver dans l’une des sections suivantes, syndic, conseil de discipline ou protection du public. Chaque ordre professionnel a l’obligation d’afficher les décisions rendues en matière d’inconduites sexuelles. Il est aussi possible d’appeler à l’Ordre pour s’informer.

L’OPSQ jugeait essentiel d’offrir des outils, pour contribuer à la prévention et la discussion entourant le sujet, étant donné sa mission de protection du public.

«Avec ce projet, le public et les professionnels auront des informations et des outils adaptés pour mieux comprendre, prévenir et connaître les recours du système professionnel en lien avec les inconduites sexuelles», affirme Mme Heppell.

Le ministère de la Justice, sous la gouverne de Sonia LeBel en 2017, avait accordé à l’Ordre une subvention de 50 000 $ pour soutenir la création de contenu et de formation que l’on retrouve sur le site web: https://inconduites.opsq.org.

– Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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